Edito

Le cyclone Fantala rappelle la réalité

J.B. / 25 avril 2016

Au moment où les représentants des gouvernements de 175 pays signaient vendredi l’Accord de Paris, le cyclone Fantala continuait à faire des dégâts dans notre région. Il venait de passer sur l’île de Farquhar, aux Seychelles. La plupart des personnes vivant sur cet atoll avaient été évacuées la semaine précédente. Il n’en restait qu’une dizaine qui était réfugiée dans un abri anti-cyclone.

Fantala est passé à pleine puissance. Des vents à plus de 300 kilomètres par heure ont tout détruit. Tous les toits ont été arrachés, rares sont les arbres à ne pas avoir été étêtés ou cassés.

Les images diffusées par la télévision seychelloise ont montré les dégâts d’un cyclone tropical très intense. Elles ont rappelé les ravages faits par Hayian aux Philippines, ou Pam aux Vanuatu. Cette fois, c’est l’océan Indien qui était touché.

Cette fin de semaine, La Réunion accueillait la première conférence de coopération régionale. Un des thèmes choisis était le changement climatique. À l’heure des conclusions, l’adaptation au changement climatique était sous-estimée. Par exemple, aucune recommandation ne portait sur l’éloignement des populations et des équipements du littoral, ni sur l’adaptation des plans d’urbanisme. Pourtant, un cyclone aussi puissant que Fantala peut toucher La Réunion. Les dégâts seront alors considérables. Que restera-t-il alors du chantier de la nouvelle route du littoral ? Que deviendra la ville nouvelle de Cambaie construite en bord de mer ? Et dans quel état sera la zone portuaire imaginée à Bois-Rouge ?

Le passage de Fantala sur l’île de Farquhar n’a fait heureusement aucune victime car toute la population a été préalablement évacuée ou mise à l’abri. Mais à La Réunion, une telle opération préventive sera bien plus difficile à réaliser, car le littoral est la zone la plus peuplée. Cette dernière compte plusieurs centaines de milliers d’habitants.

Le cyclone Fantala vient brutalement de rappeler où se situe les priorités, des priorités qui restent malheureusement sous-estimées.

J.B.


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