Edito

Le débat… enfin

Geoffroy Géraud-Legros / 29 septembre 2010

Prenons acte des déclarations effectuées hier par M. Robert à l’issue de la réunion du conseil d’administration d’Air Austral. Devant toute La Réunion, il a été question de "débat".
Ce n’est pas trop tôt.
La crise est là, et tous ceux qui ne se bercent pas d’illusions et n’en bercent pas les autres savent que la croissance n’est pas près d’être de retour. Pour l’heure, les politiques gouvernementales, quelles que soient leurs dénominations - "rabotage", "chasse aux niches fiscales", "rigueur", prennent toutes pour cible les protections sociales, et menacent de faire basculer une part croissante de la population dans la pauvreté.

Dans ce contexte, il faut plus que jamais imposer la protection et le renforcement des outils du développement.
Et commencer par les tenir en dehors d’un système de vendetta politique, qui suppose que tout nouvel arrivant a sur les instruments et les responsables de l’action économique et sociale quelque chose comme un droit de vie et de mort, sous prétexte qu’ils ont été édifiés par leurs prédécesseurs.
Un système de pensée et d’action qui avait montré ces derniers mois à quel point il a la vie dure : sans débat, sans échanges et sans consultation d’aucune sorte, d’immenses travaux publics – les plus grands de notre Histoire - ont été supprimés. De grands programmes culturels ont disparu. Des instruments au cœur des préoccupations actuelles, dans le domaine des énergies renouvelables, ont été interrompus.

La crise qui a frappé la compagnie régionale depuis vendredi dernier a montré comment un jeu de pouvoir politique pouvait mettre en danger une compagnie aussi performante qu’Air Austral, qui parvient à se développer là où ses concurrents plus puissants et mieux dotés perdent pied.
Alors, oui, il n’est que temps d’ouvrir le débat.
Le débat sur les grandes orientations du pays, dans le domaine des transports, des déplacements, de l’aménagement… Toutes ces fondations de La Réunion de demain, qui ne devraient plus jamais être l’otage du jeu des forces politiques.

G.G.-L.


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