Edito

Le départ de la DGS de La Possession marque la fin d’une époque

J.B. / 3 janvier 2015

Chacun se souvient du tollé soulevé par la nomination d’une nouvelle DGS à La Possession. La maire avait en effet poussé à la caricature un comportement digne d’une époque qui doit être révolue : elle a fait venir de France une connaissance pour occuper un poste à responsabilité grassement payé.
Quelques mois plus tard, la DGS annonce qu’elle quitte son poste. L’exemple servira-t-il de leçon à des collectivités ou à des entreprises voulant utiliser le même type de procédé ?

L’intégration de La Réunion à la France a des conséquences lourdes. Il existe donc une tentation pour les postes à responsabilité, celui de mettre en concurrence les Réunionnais avec des Français. Cette concurrence existe sur le plan économique. Elle a donné le résultat suivant : quand l’économie de notre île, à peine sortie de trois siècles de colonisation, s’est trouvée face à la production française, elle s’est écroulée. Le taux de couverture des importations est passé de 100 % à 7 %. La dernière illustration en date est la fermeture de l’usine de la SIB. Pour Colgate-Palmolive, cela revient moins cher de produire en France, de transporter sur 10.000 kilomètres et d’importer plutôt que de fabriquer à La Réunion. Sans protection, La Réunion perd rapidement la bataille et devient une terre de consommation et de service pour des produits faits ailleurs.

Pour la main d’oeuvre, la mise en concurrence produit les mêmes effets. Au sein d’un pays de 65 millions d’habitants, il sera toujours possible de trouver mieux que dans une île de 850.000 personnes. Il suffit pour cela de créer un profil de poste sur mesure pour une candidature extérieure.
Mais à La Possession, cette vision passéiste n’a pas tenu face à la réalité. La Réunion du 21e siècle n’est plus celle qui sortait de la colonisation. Pendant 43 ans, des Réunionnais se sont succédé à la direction de la mairie de La Possession, et jamais les services municipaux n’ont vu une telle situation au cours des six derniers mois. Les travailleurs de la commune ont même dû faire grève pour être respecté, c’était du jamais vu.

La crise a abouti au départ de la DGS venue spécialement de France occuper le poste.
Souhaitons que l’exemple donné par les travailleurs de La Possession fasse réfléchir les entreprises et les collectivités tentées d’utiliser cette méthode qui appartient à une époque révolue.


Kanalreunion.com