Edito

Le G7 finance le réchauffement climatique

J.B. / 26 mai 2016

Aujourd’hui commence au Japon le sommet du G7. Il est souvent qualifié comme le club des dirigeants des pays les plus riches du monde. Dans son format, il regroupe les premières puissances occidentales et le Japon. Les pays du G7 ont aussi comme particularité de contribuer très largement au réchauffement climatique à cause des transports et de la production d’électricité notamment. Malgré les engagements pris depuis plusieurs années, ils continuent de donner de l’argent public aux industries les plus polluantes en termes d’émission de gaz à effet de serre. C’est ce que révèle une étude publiée le 24 mai par le WWF, le Natural Resources Defense Council et Oil Change International, dont le communiqué précise que :

« Les pays du G7, qui se réuniront au Japon les 26 et 27 mai, ont soutenu l’industrie du charbon dans le monde à hauteur de 42 milliards de dollars d’aides publiques internationales entre 2007 et 2015 dont 2,5 milliards uniquement en 2015.

Cette étude révèle que les émissions de gaz à effet de serre générées par les projets charbon financés par les pays du G7 s’élèvent à 100 millions de tonnes de CO2 par an. Cela équivaut, pour une seule année, à 20% des émissions émises par la France en 2013. En termes de production électrique, ce sont plus de 85 GW qui ont été produits par les centrales à charbon ainsi financées soit l’équivalent de la production électrique du Royaume-Uni en 2014.

Avec plus de 22 milliards de dollars, le Japon est le pays qui a le plus contribué au financement du charbon à l’étranger entre 2007 et 2015 (des futurs projets sont en voie d’être financés à hauteur de 10 milliards de dollars supplémentaires). Arrivent ensuite l’Allemagne avec 9 milliards de dollars, les États-Unis avec environ 5 milliards de dollars, la France avec 2,5 milliards de dollars, l’Italie avec 2 milliards de dollars, le Royaume-Uni avec 1 milliard de dollars et le Canada avec moins de 1 milliard de dollars.

Selon Alex Doukas, chargé de campagne pour Oil Change International, « Alors que la Chine a fermé des centaines de centrales à charbon et de mines, le Japon a accru ses financements dans le charbon aussi bien sur son marché intérieur qu’à l’étranger. Le fait que le Japon continue de financer le charbon met à mal sa réputation d’un pays à la pointe de l’innovation technologique. »

Le Japon est particulièrement visé, car il défend le mythe d’un « charbon propre ». C’est pourquoi les pays du G7 sont priés de s’engager à mettre fin à leurs subventions à l’industrie du charbon. Tous ces pays ont adopté puis signé l’Accord de Paris sur le changement climatique. Ils ont donc une occasion concrète d’agir, car pour le moment, le G7 finance le réchauffement climatique.

J.B.


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