Edito

Le GLAIVE rappelle l’importance de créer un grand service dans l’environnement

J.B. / 22 juin 2017

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Hier, le Conseil départemental a entériné les observations du rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) sur le GLAIVE (Groupement de lutte anti-vectorielle, d’insertion sociale et de valorisation de l’environnement). Le GLAIVE emploie notamment des travailleurs en contrat aidé, co-financés par l’État.

La synthèse relève qu’« alors que ses statuts lui donnent vocation à intervenir sur l’ensemble de La Réunion, ses activités s’exercent principalement à Saint-Denis et, dans une moindre mesure, sur le territoire de cinq autres communes du Nord et de l’Est ». Elle note également que « la mission d’insertion professionnelle fait apparaître qu’environ 20 % des candidats sont recommandés par des élus », et constate que « l’association (…) mène une politique de ressources humaines généreuse ; sans les soumettre au Conseil d’administration, elle accorde à certains agents des augmentations de salaires, jusqu’à 40 % en cinq ans, et des primes exceptionnelles dont le montant peut correspondre à un 13e mois de salaire ; elle leur permet de disposer de véhicules de service en dehors des heures de travail ».

Concernant les dirigeants, la synthèse du rapport de la CRC souligne qu’entre 2011 et 2016, « les administrateurs ont bénéficié, outre d’un montant forfaitaire de cadeaux de fin d’année, de jetons de présence, alors que les statuts ne le prévoyaient pas ». La CRC estime également que la gestion du parc automobile souffre de lacunes.

Ces observations intéressent le Département au plus haut point, car la collectivité finance 70 % du budget du GLAIVE.

La question des recrutements soulève la question de la pression qui pèse sur les élus dans une île où le taux de chômage a franchi depuis bien longtemps le seuil de l’intolérable. Or, le GLAIVE exerce son activité dans un secteur identifié par le PCR comme un gisement d’emplois : l’environnement. Pour que les besoins se structurent en emplois pérennes, le PCR propose que les emplois créés dans les associations comme le GLAIVE puissent faire partie d’un grand service d’intérêt public. Là où le PCR propose un changement radical est dans la gestion de cette structure. Il demande en effet que les recrutements soient opérés par une commission paritaire composée de représentants de chômeurs, de syndicats, d’employeurs et de financeurs, autrement dit les collectivités et l’État. Cette mesure vise précisément à enlever aux élus la pression qui pèse sur eux à cause des demandes d’emploi, et à soustraire les travailleurs employés dans ces structures de la pression de candidats peu scrupuleux qui ont besoin de mains pour les aides dans les campagnes électorales.

La longue séquence de scrutins qui vient de s’achever a en effet vu des candidats se plaindre de la forte présence de travailleurs précaires auprès de certains concurrents. Cela rappelle qu’à La Réunion, des élections ont déjà été annulés à cause de ce type de procédé. L’application de la proposition du PCR mettra fin à ce type de dérive. Elle est donc une exigence démocratique, afin que les promesses d’emploi ou de renouvellement d’un contrat ne viennent plus peser sur la sincérité d’une élection.

J.B.


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