Edito

Le HCCP : une caricature politicienne

Témoignages.re / 13 septembre 2010

Vendredi dernier, la manifestation unitaire du BTP a révélé une situation encore plus grave qu’on ne pouvait l’imaginer.
Les architectes déclaraient que leurs carnets de commandes étaient vides. Or, leur profession se situe au début de la chaîne de production des ouvrages. Même si la décision était prise, aujourd’hui, de leur en attribuer, il faudra compter 2 ans pour démarrer des chantiers. D’ici là, les autres corps de métier, qui se situent en bout de course, devront attendre. C’est le cas des ouvriers, des contrôleurs, les gardiens, etc.. Entre temps, les services liés aux entreprises du secteur BTP devront fermer et licencier. Cette réalité était au cœur des discours des manifestants qui, pour certains, c’était leur “première”. En outre, des milliers de travailleurs licenciés depuis un an arrivent en fin de droit, et ne trouveront pas du travail, faute de chantiers ouverts, à temps.
Au-delà des conséquences sur l’économie générale de la filière, ce sont des vies qui sont sacrifiées, dans l’insouciance du gouvernement et de ses relais à La Réunion. Les décisions irresponsables prises au lendemain des régionales par la nouvelle Direction, en lien avec Paris, ont créé une situation irréversible. Pourtant, la réalité était connue de tous.
En 2008, le patronat avait sonné le tocsin en organisant un défilé, sous l’égide de "La Réunion Économique", qui les a conduits à la Préfecture afin d’attirer le pouvoir sur leur crainte face aux atermoiements du gouvernement ainsi que sur le danger de laisser l’avenir sans perspectives claires et durables. Ce fut un défilé mémorable, mais qui exprimait clairement un ras-le-bol.
En 2009, la population est descendue dans la rue et a manifesté durant plusieurs jours, sous l’égide du COSPAR, pour réclamer du gouvernement des mesures urgentes face à la dégradation du pouvoir d’achat. Un cahier de revendications a été remis au préfet. Le gouvernement a réagi en ouvrant des États généraux de l’Outre-mer. La Préfecture peut en faire un bilan précis des carences.
Dans ce contexte, présenter l’installation d’un Haut conseil de la commande publique comme la réponse à la crise du BTP s’apparente à une énième opération de communication de l’UMP, à la limite de la caricature politicienne.

J.B.


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