Edito

Le jour de la responsabilité

J.B. / 5 mai 2012

Le moment décisif est arrivé. Chacun est face à ses responsabilités, et personne ne peut reculer.
La Réunion est en effet confrontée à la pire crise sociale de son Histoire. Plus de 153.000 Réunionnais sont inscrits à Pôle Emploi, ce n’est jamais arrivé. Il reste toujours plus de 100.000 illettrés, 60% des jeunes sont au chômage, la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et les prix sont 50% plus élevés qu’en France, c’est l’État qui le reconnaît en versant une prime de 53% du salaire à ses agents. Il est clair que nous avons franchi depuis bien longtemps les limites de l’intolérable.

Cette situation est provoquée tout d’abord par une crise structurelle. Il a fallu 50 ans de luttes pour arracher l’égalité sociale inscrite dans la loi du 19 mars 1946. L’égalité a permis aux plus pauvres d’être protégés des effets les plus graves de la crise. Mais tout n’a pas pu être résolu, notre pays est touché par la pénurie d’emplois, le manque de logements, la vie chère et la pauvreté.
Des décisions politiques ont aggravé cette crise structurelle, ce sont celles de l’UMP à Paris et à la Région. Le dernier coup de griffe de ce gouvernement est significatif : une nouvelle baisse du tarif de rachat de l’énergie photovoltaïque. C’est un nouveau coup porté aux énergies renouvelables.

Demain, deux bulletins seront sur la table, et chacun a sa signification. Celui de Nicolas Sarkozy représente la poursuite de cette politique. Celui de François Hollande signifie la défaite de Sarkozy et de celui qui applique sa politique à La Réunion, Didier Robert. Le 22 avril, les Réunionnais ont déjà montré leur clairvoyance. Didier Robert n’a pu obtenir que 17% pour Sarkozy, c’est le pire score d’un président sortant.
Pendant ce temps, le contrat entre François Hollande et la population obtenait déjà la majorité absolue.

Demain, seuls les Réunionnais pourront décider du poids de ce contrat. Ils ont une responsabilité aussi importante que leurs aînés qui devaient élire leurs députés en octobre 1945. Lorsque 67 ans après, nous constatons les effets de l’élection de Raymond Vergès et Léon de Lépervanche, nous ne pouvons que féliciter celles et ceux qui ont décidé de soutenir le projet d’abolition du statut colonial. Souhaitons que demain, nous soyons aussi responsables que nos aînés.

J.B.



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