Edito

Le jour où les Réunionnais pourront voter des lois adaptées aux besoins de leur pays n’est plus trop loin.

J.B. / 10 juillet 2013

Depuis, un demi-siècle, le PCR dénonce le carcan administratif et institutionnel qui étouffe le progrès économique et social de La Réunion. De plus en plus de personnes s’élèvent pour remettre en cause l’assimilation. Elles réclament la possibilité d’adapter des lois aux caractéristiques du pays. Le bon sens en somme.

La CGPER a tenu une conférence de presse au cours de laquelle elle a expliqué les difficultés rencontrées pour recruter des coupeurs de cannes. Depuis toujours, un système d’entraide existe entre agriculteurs aux intérêts complémentaires. Cette mutualisation des moyens permet de traiter une bonne partie des besoins. La mécanisation de la coupe est une autre solution, mais c’est un système "souillon" avec beaucoup de pailles qui pénalise la richesse. Malgré ces 2 solutions, il faut faire appel à la coupe manuelle qui assure la meilleure qualité de la canne coupée. C’est propre et quasiment calibré. En tout cas, c’est bon pour le rendement.

Mais, le syndicat déclare qu’il a beaucoup de peine pour recruter des coupeurs saisonniers, car à la fin de la campagne, les travailleurs doivent attendre plusieurs mois avant d’obtenir les aides sociales consécutives à la perte d’emplois. Ils n’ont plus envie de subir cette rupture sociale. Certains ont bien essayé le travail sans déclaration, mais les sanctions sont trop lourdes. Personne n’a à y gagner.

La CGPER s’est donc adressée à Pôle Emploi et au Préfet afin de lever les obstacles, mais en vain. Ce qui a provoqué l’interpellation des planteurs à la veille de l’ouverture de la coupe. La CGPER demande ni plus ni moins un système plus cohérent qui sauvegarde les intérêts de toutes les parties en cause.

La balle est dans le camp des services de l’Etat. C’est bien le rôle de l’Etat de mettre de l’ordre dans son désordre. Les travailleurs saisonniers doivent retrouver automatiquement le circuit social dès la fin de la période d’embauche. Quand on connaît les conditions difficiles du métier, qu’attend-on pour valoriser ceux qui y croient encore et en sont capables ? N’est-ce pas le rôle de l’Etat d’accompagner l’embauche ? Personne ne peut plus se soustraire à ses responsabilités.

Le syndicat planteurs a pris l’angle de l’Union des planteurs et travailleurs. C’est une démarche qui portera ses fruits, car le pouvoir qui garantit un système de division et d’exploitation ne pourra plus utiliser les planteurs contre les travailleurs. Le jour où les Réunionnais pourront voter des lois adaptées aux caractéristiques de leur pays n’est plus trop loin.

J.B.


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