Edito

Le low-cost long-courrier fait plonger les prix, Air Austral pourra-t-elle résister ?

J.B. / 25 juillet 2017

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Entre l’Europe et les États-Unis, l’arrivée des compagnies low-cost a bouleversé la donne. En quelques mois, les prix ont quasiment été divisés par deux. Alors qu’il fallait compter habituellement près de 800 euros pour se rendre d’une grande ville européenne à New York, il est possible de faire le même trajet pour moins de 400 euros sur une compagnie telle qu’Air France, KLM ou Air Canada. Wow Air, Norwegian et Eurowings ont en effet débarqué avec un modèle différent. Norwegian propose ainsi la traversée de l’Atlantique entre Edimbourg en Ecosse et New York pour 65 euros.

Confrontées à la concurrence des low-cost qui arrivent à casser les prix, les compagnies traditionnelles s’alignent sur les prix en attendant de préparer la riposte par l’intermédiaire de filiales low-cost. Lufthansa a déjà sa low-cost long courrier, Eurowings. Air France aura prochainement la sienne, Joon, tandis que l’alliance British Airways-Iberia lancera bientôt Level.

Dans notre île, une compagnie low-cost long-courrier opère depuis le 16 juin. L’arrivée de French Blue a déjà eu une première conséquence : le trafic a augmenté entre La Réunion et la France. French Blue compte transporter 20 % des passagers utilisant cette ligne. Dans le même temps, Air France qui a repris à Air Austral le leadership sur cette liaison va lancer sa compagnie low-cost long-courrier avant la fin de l’année. L’exemple de la ligne transatlantique indique que face aux low-cost, Air France est capable de baisser ses tarifs pour s’aligner. Et si cela ne suffit pas, elle a sous le coude sa propre compagnie low-cost qui peut entrer en action pour contrer.

Cela signifie que si la compagnie française subit un important recul à cause de la concurrence de French Blue, nul doute qu’elle mettra en ligne les avions de Joon pour desservir La Réunion. Car une des caractéristiques de la ligne entre la France et La Réunion est de relier des familles. Le prix devient alors une importante raison de choix. Et si l’écart est important, le moins cher aura le dernier mot.

À la différence d’Air France, Air Austral n’a pas de filiale low-cost. Ses dirigeants actuels ont en effet renoncé au projet de l’Airbus A380 capable de transporter plus de 800 passagers sous le pavillon d’Outremer 380. Ceci aurait permis à la compagnie de disposer d’une marge de manœuvre, car avec cet avion le prix du billet d’avion était 30 % moins cher que la concurrence. Après avoir bradé cet atout, Air Austral pourra-t-elle résister r ?

J.B.



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  • La faim y fé sortir roqué soud bois. Si Air Austral ne bouge pas, ses concurrents lui feront entendre la voix du peuple qui par nécessité veut se déplacer, notamment lorsqu’on a des enfants travaillant en Métropole. Avant, le billet d’avion coutant plus de 6000 francs n’était pas à la porté de la population. Combien de jeunes diplômés de mon époque ont renoncé de suivre des études supérieures en Métropole. Ce matin encore, dans une grande surface, un ancien de mon lycée m’interpelle : " j’ai abandonné ma formation d’étude supérieure par manque de moyen" me dit-il en précisant que s’il avait les mêmes conditions des jeunes de maintenant, il n’aurait pas hésité de sauter la mer. Ty bouze ankor Air Austral, parce nana aussi Corsaires et French Blue qui comme Air France se préparent à bousculer les mauvaises habitudes de ceux qui font payer au prix fort la continuité territoriale.

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