Edito

Le ministre des Outre-mer protège les pétroliers et l’État

Témoignages.re / 30 août 2012

À la veille des négociations sur la baisse des carburants, nous posions la question de savoir si « le gouvernement du changement réussira-t-il à protéger le peuple et l’intérêt public face aux pétroliers qui font des bénéfices exagérés ? » Car, s’il est un domaine où la transparence fait défaut, c’est bien au niveau de la fixation du prix des carburants. Nous disions également qu’à La Réunion, les choses étaient plus simples, car c’est le préfet, au nom de l’État, qui fixe les prix. Cela ne devait poser aucun problème pour obtenir des baisses substantielles, car les marges des pétroliers sont plus juteuses à La Réunion par rapport à la France.

Hélas, le ministre des Outre-mer a pris les devants pour protéger les pétroliers. En effet, il leur demande, ainsi qu’à la Région, d’ouvrir les négociations. Voilà une attitude bien singulière : depuis la loi sur la décentralisation, il n’y a plus de tutelle de l’État sur une collectivité. Comment un ministre peut-il enjoindre une collectivité à discuter avec des pétroliers alors que c’est le préfet qui fixe les prix ? D’ailleurs, il suffit de ressortir tous les communiqués annonçant les hausses des prix des carburants pour constater les responsabilités.

Ensuite, en France, les pétroliers ont accepté de contribuer à hauteur de 3 centimes. Il était très facile d’appliquer — à minima — le même tarif aux pétroliers, encore qu’on pouvait leur demander de répercuter les bénéfices issus des hausses successives précédentes. Question de montrer qu’ils ne sont pas les prédateurs qu’on pense !

Au fond, la démagogie de la Région se retourne contre elle. Avant les présidentielles, elle a servi les intérêts de Sarkozy et l’UMP, en faisant supporter les carences de l’État par la collectivité, n’hésitant pas pour cela piller l’argent destiné aux communes. Les pétroliers s’en sont frotté les mains de trouver des alliés si généreux : État et Région.

Nous verrons maintenant quel sera le degré de connivence entre le président de Région et l’État, lorsque le ministre des Outre-mer lui enjoindra l’ouverture des négociations.

J.B.


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