Edito

Le mode de production de logements est à revoir

J.B. / 24 septembre 2012

La semaine passée, nous avons dénoncé le mécanisme de construction de logements, coûteux et hasardeux, car il repose sur la fragilité de la garantie d’une collectivité alors que le logement relève de la compétence de l’État. La FRBTP constate l’effondrement du système et appelle au secours… dans la mauvaise direction. Comment peut-on répondre au besoin de logements sociaux quand le coût du mètre carré racheté aux privés dépasse les 2.200 euros ? A 140.000 euros un F3, il faut se féliciter que la bulle spéculative éclate rapidement pour en finir avec les dérives d’un système de pillage de l’argent public et des plus pauvres.

L’UNPI vient d’adresser au gouvernement ses réflexions pour une relance massive des programmes de logements à 900 euros le mètre carré. Voici quelques extraits :

« Paradoxe étonnant : les plans d’urgence en faveur du logement se succèdent dans notre pays et les crises du logement ne sont jamais réglées. L’alternance politique ne contribue en rien à l’efficacité des solutions proposées.
Toutefois, s’il est un point qui fait consensus, c’est celui des besoins. Portée par une poussée démographique forte associée à une explosion du nombre de ménages, la demande insatisfaite de logements serait comprise entre 500.000 et 1 million de logements (en construction ou en renouvellement).
L’UNPI s’est attelée à une réflexion pour comprendre pourquoi les mécanismes proposés par les différents partis politiques ou les multiples organisations du monde du logement ont tous échoué ».

L’organisme répond à la question posée en ces termes :

« Nous sommes parvenus à la conclusion que notre modèle est dans une impasse. Au lieu de préconiser à nouveau une réforme, promise à l’échec, nous proposons donc de nous engager dans une voie nouvelle, celle de l’habitat essentiel. Cette première étape de présentation de “l’habitat essentiel” doit maintenant être suivie d’un appel à projets pour que des opérateurs se saisissent de cette belle ambition et que nous parvenions ensemble à faire sortir de terre une nouvelle catégorie de logements, avec le soutien des pouvoirs publics ».

Jean Perrin, Président de l’UNPI (Union nationale des propriétaires immobiliers), explique que « le gouvernement précédent avait fait le choix de soutenir l’investissement locatif en amont, en accordant un avantage fiscal à l’investisseur. Ce dispositif a incontestablement permis de doper la construction, mais il a montré ses limites ».

Le moment est venu de tout mettre à plat, en se libérant des références passées, pour traiter réellement la question de la production de 12.000 logements par an pour satisfaire la demande populaire.

 J.B. 


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