Edito

Le moment est venu de « changer de logiciel »

J.B. / 18 juillet 2016

Un cyclone fonce tout droit sur nous, en plein hiver austral. Passé le moment de la curiosité, il faut prendre les choses avec sérieux car on ne badine pas avec un cyclone “fou”. À Nice, un banal camion frigorifique faisait office de transport de produits alimentaires. Un type a décidé de l’utiliser comme une arme pour tuer et semer la terreur, avec une simplicité redoutable. Aux Etats-Unis, d’habitude, ce sont les policiers blancs qui sont accusés de tirer trop facilement sur leurs concitoyens. Ils sont impunis. Retournement de situation : 8 policiers viennent d’être abattus par 2 personnes qui ont été exécutées sur le champs. Sur l’une d’elles, on a même expérimenté un robot-tueur qui a reçu un marketing mondial et rapportera beaucoup d’argent à l’industrie de l’armement. Un allié de l’Union Européenne, la Turquie, souhaite rétablir la peine de mort pour régler le compte des putschistes.

Dans le contexte français, Paul Vergès déclare que l’heure n’est pas à la polémique et aux règlements de comptes politiciens. Il appelle à voir plus loin et réclame de se rassembler sur une prise de conscience mondiale du problème et des solutions. Ce n’est pas la première fois qu’il demande de changer de dimension et d’échelle. Ses actions sur les changements climatiques sont un exemple. Il préconise d’inscrire le changement immédiat dans une vision de long terme si nous voulons régler les problèmes durablement. En d’autres termes, pour paraphraser Patrick Lebreton, lors des dernières Régionales, il faut “changer de logiciel”.

L’ennemi n’est pas le PCR qui propose un traitement pacifique des problèmes sur la durée d’une génération, dans un cadre réflexif rénové. Malgré les insuffisances de ce gouvernement, le PCR, au nom des Réunionnais, apporte ses propres contributions pour tenter d’infléchir la marche inéluctable vers l’abîme. Le débat sur l’Egalité réelle montre de plus en plus le fossé qui nous sépare du gouvernement sur la manière de traiter un problème d’avenir.

La vie montre que si les problèmes existants ne sont pas réglés avec esprit de responsabilité, d’autres surgissent, s’accumulent, plus violents les uns après les autres. En Chine, les inondations ont déjà fait plusieurs centaines de morts. Et, la saison des cyclones débute à peine là-bas. En France, 23 départements sont en vigilance moustiques. Qui pouvait imaginer le Brexit alors que l’Union Européenne était présentée comme une construction parfaite ? Si maintenant, les Blancs qui dirigent le monde depuis 5 siècles n’arrivent plus à s’entendre entre eux, que penser des misérables à qui on fait miroiter des Accords de Partenariats sans frontières ? Qui pouvait imaginer la France dans ce sentiment d’insécurité actuelle, après un Euro 2016 quasi parfait ? Désormais, faudra-t-il avoir peur d’un camion frigorifique ? Le Premier ministre français prend-il de la hauteur ou bien se met-il au niveau de ses détracteurs quand il déclare que « la réponse à l’Etat Islamique ne peut pas être la “trumpisation” des esprit ».

Il faut changer de logiciel. Certes ! Il faut se mettre dans l’état du monde avant le passage à l’An 2000, lorsqu’on craignait une déflagration numérique. Devant les prévisions les plus pessimistes, le monde entier était prévenu, sensibilisé et mobilisé. Personne ne savait réellement comment cela allait se passer, de l’immensité spatiale à la petitesse d’une montre. Quelques milliards ont été dépensés pour pacifier l’ensemble, au bonheur de tous.

Les risques existent toujours mais le monde continue à tourner. Les logiciels se perfectionnent de jour en jour. Ce qui devrait nous libérer les esprits pour s’attaquer à d’autres défis mondiaux immédiats.


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