Edito

Le monde a changé, les dirigeants occidentaux sont-ils prêts à l’accepter ?

J.B. / 11 août 2014

En 2003, George Bush lance l’invasion de l’Irak. Deux ans après les attaques du 11 septembre 2001, il a saisi l’occasion pour tenter d’offrir à ses alliés les puits de pétrole irakiens. Il réussit à entrainer une grande partie de l’OTAN dans cette aventure. 8 ans plus tard, les Occidentaux se félicitent du renversement du régime d’Hosni Moubarak en Egypte, puis de la mort de Kadhafi. L’Etat syrien est la prochaine cible, mais au lieu d’un coup d’Etat c’est une guerre civile qui commence. Elle met notamment aux prises des Jihadistes qui veulent reverser l’Etat.
3 ans après le début de la guerre en Syrie, le gouvernement irakien n’arrive pas à contenir la poussée de Jihadistes. Ils sont arrivés à moins de 100 kilomètres de Bagdad. Ils contrôlent le nord du pays. Les populations sont soumises à des exactions qualifiées de crime contre l’humanité. Des milliers ont fui vers le Kurdistan irakien. Mais ce pays est maintenant menacé par les Jihadistes. Ces derniers ont uni leurs forces à ceux de Syrie, et ils ont proclamé la renaissance du Califat. Il a suffi d’à peine 10 ans pour cette remise en cause des frontières héritées du démantèlement de l’Empire ottoman, après la Première guerre mondiale.
Auteur de l’intervention déstabilisatrice, l’Occident n’arrive plus à maîtriser sa création, et ce sont les minorités religieuses qui en paient le prix le plus lourd.

Dans l’Est de l’Europe, la guerre civile en Ukraine échappe là aussi au contrôle des dirigeants occidentaux. Ces derniers ont soutenu les auteurs d’un coup d’Etat contre un gouvernement élu en Ukraine. Puis l’OTAN a commencé à déployer de l’aviation dans les pays Baltes et en Pologne, confirmant sa stratégie selon laquelle la Russie est traité en ennemi.
Le pouvoir de Kiev bombarde d’autres Ukrainiens dans l’est du pays. L’assaut est lancé contre Donetsk, ville de plus d’un million d’habitants. C’est le moment choisi par l’Union européenne et les Etats-Unis pour prendre des sanctions économiques contre la Russie. En réponse, la Russie a décidé de sanctionner les auteurs des sanctions.
Du coup, c’est la panique en Europe. La FDSEA monte au créneau pour voler au secours des agriculteurs pénalisés par le refus russe d’acheter fruits et légumes. En Allemagne, c’est l’inquiétude au sujet d’une extension de l’embargo vers d’autres produits. Quant à la Pologne, elle demande aux Etats-Unis d’accepter d’ouvrir son marché aux pommes interdites d’exportation vers la Russie.
Les dirigeants occidentaux ont tenté de déstabiliser la Russie, ils ont finalement désorganisé un secteur économique qui tirait une part importante de sa richesse des ventes en Russie.

Au Moyen-Orient et en Europe, les dernières initiatives des Etats-Unis et des anciennes puissances coloniales accentuent la confusion. Sauront-ils reconnaître que le monde a changé avant de provoquer de nouvelles catastrophes ?

J.B.


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