Edito

Le monde des riches intoxique la population désemparée

J.B. / 28 février 2013

Hier, nous avons évoqué la panique qui s’est emparée des consommateurs en France et en Europe, à propos des plats cuisinés et des produits réalisés à partir de la transformation des viandes. Nous avons souligné que nous sommes au début d’un mouvement qui va gagner toute la planète, car avec la globalisation des échanges, ce sont les grandes enseignes multinationales responsables de ces dérives qui inondent les continents à travers leur réseau de distribution.

Une crise de confiance s’est installée vis-à vis de ces produits et de l’industrie agro-alimentaire. C’est le résultat d’un modèle économique développé par les pays riches qui se retourne, alors que ses responsables se croyaient tout permis et protégé. Ce désordre sanitaire arrive en plein débat sur la crise financière sans fin qui s’est développée depuis les États-Unis en 2008 et qui s’est propagée en Europe et dans le monde par la suite. On a découvert que les puissances financières des pays riches détenaient des actifs pourris et en avaient inondé le circuit bancaire et financier. Une fois de plus, c’est le peuple qui trinque.

Ces deux cas remettent en cause les principes de gouvernance qui dominent le monde actuellement. Les pays riches, en particulier les pays occidentaux, abusent de l’ignorance et de l’incrédulité des consommateurs des aliments ou les usagers de la finance, qui deviennent leurs victimes. Dans les deux cas, c’est l’insatiable profit capitaliste qui détourne la loi et les règlements sanitaires. Ils n’ont aucun respect pour la condition humaine pour peu qu’ils puissent se remplir les poches. Souvent avec la complicité des institutions et des responsables politiques. C’est ainsi qu’on apprend que deux responsables de l’agence de contrôle des médicaments ont été mis en examen pour avoir protéger les intérêts de groupes pharmaceutiques, qui ont pu continuer à inonder le monde avec des médicaments toxiques.

La Réunion est totalement intégrée à ce système. La grande distribution s’est imposée en important massivement des produits agro-alimentaires au détriment d’une économie alimentaire saine et de proximité. Le volume de produits agro-alimentaire importé est le deuxième poste de dépense des Réunionnais après le carburant. Or, personne ne peut contrôler tout le trafic qui s’est installé dans la fabrication de ces produits et leur commercialisation. La preuve c’est que les marques incriminées : Findus, Picard, Panzani, Nestlé, Buitoni… sont familiers des rayons de la grande distribution à La Réunion. Vivement qu’on revienne à un commerce de proximité où le contrôle peut se faire directement, car il y a moins d’intermédiaire et presque pas de société-écran.

J.B.


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