Edito

Le nouveau monde en mouvement

J.B. / 10 juin 2013

Quelque chose de nouveau s’est passé lors de la rencontre informelle entre XI Jinping et Barack Obama : la Chine et les États-Unis ont posé les bases d’une co-responsabilité du monde. Aucun ne remet en cause le cadre global dans lequel doit s’inscrire l’émulation. Avis à ceux qui voudront encore utiliser l’un contre l’autre. Officiellement, la rencontre a débouché sur 3 préoccupations majeures : le réchauffement climatique, la paix dans péninsule de Corée et la cybersécurité.

Ils ont signé un accord pour une action concertée de grande envergure, afin de faire baisser la production et la consommation d’Hydrofluorocarbures, un des gaz les plus destructeurs de la couche d’ozone et responsable de l’effet de serre. C’est la première fois que les États-Unis s’engagent concrètement dans l’application du protocole de Montréal. L’accord viserait une limitation globale des HFC d’ici 2050, équivalente à 2 années pleines d’émissions de tous les gaz à effet de serre.

Ils ont dit leur convergence dans le traitement pacifique de la péninsule de Corée. Quelques heures après cette déclaration, une délégation de la Corée du Nord a reçu une délégation du Sud, pour des pourparlers bilatéraux, concrétisés dès dimanche. La position de la Corée du Nord constitue un revirement total après les menaces qu’elle a proférées ces derniers mois, et qui faisaient craindre le pire, car le pays possède un arsenal nucléaire.

Enfin, ils se sont mis d’accord pour lancer des groupes de travail spécifiques en matière de cybersécurité, afin de définir des règles du jeu communes. Chacun ayant exprimé son opinion négative de la situation actuelle.

Et, comme toujours, en pareilles circonstances, le non-dit est le plus important. En effet, ils ont eu près de 10 heures d’entretien en 2 jours, sans protocole, seulement en présence de leur interprète. Le style décontracté des images publiques participe au sentiment général d’une entente cordiale après une grande période de confrontations de toutes natures, séquelles du siècle dernier. Le message qui sous-tend le style est une adresse au monde à traiter les problèmes par la concertation, la connaissance mutuelle et la démarche bilatérale. Les 3 accords rendus publics illustrent parfaitement la nouvelle méthode.

Les trois sujets triés de ces nombreuses heures d’entretiens directs définissent les axes stratégiques majeurs que les 2 pays vont conduire ensemble, pour longtemps. Devant le blocage des discussions et la complexification des problèmes grandissants, ils donnent une nouvelle impulsion au mouvement pour traiter le changement climatique, la dénucléarisation militaire et la sécurité mondiale. Ainsi, cette rencontre dessine les contours d’un leadership pour le reste du 3e millénaire, sachant que les États-Unis ont gaspillé la première décennie dans deux guerres (Irak et Afghanistan) et dans la crise de l’endettement, pendant que la Chine se hissait sur la deuxième marche du podium mondial.

Par le style amical et direct, la durée des entretiens et les sujets de fonds abordés, cette rencontre qualifiée « d’informelle » structure le nouveau leadership mondial et post-colonial. La nouvelle réalité est totalement conforme aux analyses faites par Paul Vergès, le PCR et l’Alliance, sur l’importance de réviser notre grille d’analyse et l’adapter à la rapidité des changements soumis aux conséquences des lois de la démographie, du changement climatique, la mondialisation des échanges et l’impact de l’innovation sur la vie quotidienne. Le nouveau monde du 3e millénaire se construit sous nos yeux. On mesure le gâchis de ceux qui ont torpillé l’avance que la Région Réunion avait impulsée sous la mandature de Paul Vergès et de l’Alliance.

  J.B.


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