Edito

Le PCR assume courageusement ses choix dans un projet global

J.B. / 27 février 2012

Le carburant trop cher a ouvert un débat sur une revendication de 25 centimes à la baisse. Dès le départ, la revendication a été élargie à tous les consommateurs. Le débat s’est étendu à la cherté des prix et au coût de la vie. Après 15 jours de manifestation, rien n’est résolu. Entre répression et absence de solution, la déception est totale.

Nous sommes arrivés au bout de l’impasse : ce moment tant ausculté et annoncé par le PCR où toutes les contradictions sociales se concentrent et deviennent incontrôlables. A cet instant précis, quoi que vous fassiez, vous ouvrez la revendication sur les autres secteurs. Tout se tient. La solution est politique. Et là, on retrouve les conservateurs et les progressistes. Les premiers vont tenter de sauvegarder des avantages qu’ils ont acquis dans le système qui est arrivé à bout de souffle, les autres vont réclamer un meilleur partage des avantages, voire une remise à plat totale.

Ces derniers jours, on a vu diverses expressions des 2 courants

Le président de la Région et le préfet ont proposé de puiser dans des fonds publics pour traiter un problème qui survient entre un opérateur privé, le pétrolier, et les consommateurs à qui il vend un produit, en contrepartie de dividendes. L’État et la Région agissent en protecteurs du système. Ils ont même fait venir des renforts de policiers spécialement pour protéger le pétrolier. On ne touche pas le sommet du système ! Ils ont bien fini par accepter l’idée d’une 2ème citerne, mais cela ne change rien au fond, car le pétrole va continuer à se raréfier et cela va se répercuter sur les prix. Le président de Région, tout grand-généreux-donateur qu’il est, a déjà retourné ses fonds de poches pour montrer qu’il ne peut pas aller plus loin. Puis, le préfet a passé la quête avec les maires et la CCIR pour obtenir un petit centime ! Il a réussi à ramasser 8 centimes, 3 fois moins que la revendication de départ. Le problème soulevé par les manifestants est donc insoluble : ils n’ont pas encore obtenu les 25 centimes de baisse et sont sûrs que cela va continuer à augmenter.

La revendication concernant la cherté de la vie va se transformer en une opération promotionnelle sur 40 produits. Le COSPAR avait prévu 500 articles, en a obtenu 250. La population gronde devant autant de mépris, car personne ne demande la charité aux riches. Les Réunionnais réclament l’Égalité, la Justice et la Transparence au niveau des prix et des revenus. Cela part des producteurs jusqu’aux consommateurs. Chacun doit se sentir acteur responsable dans la société réunionnaise et s’abstenir d’agir en protecteur d’intérêts acquis dans des conditions qui ne se justifient pas.

La diversion, arme ultime des conservateurs

Nous avons eu droit également à la diversion pour protéger les acquis du système. Vanessa Miranville a trouvé la solution : il y a trop de vieux en politique et il faut s’en débarrasser. Ce jugement est du même acabit que celui des Blancs en Afrique du Sud qui pensaient protéger le système dominant des Blancs en éliminant les Noirs. Il est dommage que cette jeune femme ignore qu’elle est elle-même un pur produit du système dominant qui est arrivé à bout de souffle.
L’autre diversion, c’est Huguette Bello qui réussit le tour de force de réunir le banc et l’arrière banc médiatique pour parler d’elle-même sans dire un mot de soutien aux manifestants en lutte ! On protège le système par action, comme le président de Région, ou par omission, comme la députée-maire. Nous vous avions prévenu ici même que vous allez découvrir une autre Huguette Bello maintenant qu’elle n’est plus au PCR.

Le PCR est le seul parti responsable

Le PCR, justement, il est le seul parti de l’autre camp. Le contexte social a donné plus de relief à la tenue de la Conférence extraordinaire pour faire adopter ses propositions afin de sortir de l’impasse, sans stigmatisation de catégories sociales. Quatre jeunes hommes et femmes ont exposé le contenu de l’Urgence sociale et des grands projets. Le tout a été validé et transmis aux candidats à la Présidentielle et servira de matrice pour la campagne législative. Il est transparent. Il a été fait pour ne pas perdre du temps dans la réflexion sur les solutions aux revendications posées par la population. Il n’y a pas d’autre priorité.

Au cœur du mouvement social, le PCR a rencontré la presse, vendredi, pour préciser sa position sur divers points de ce programme. Car le sujet est ardu. A cette occasion, nous avons eu l’impression que les appels à la réflexion lancés par le PCR à tous les acteurs de la société réunionnaise ont ouvert un début de prise de conscience chez les journalistes qu’il faut aller au fond des choses. Etre responsable en politique, c’est assumer courageusement ses choix publics. Cela vaut aussi pour les médias qui orientent l’opinion.

J.B.


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