Edito

Le peuple se rend compte que la diversion est terminée

J.B. / 23 juin 2014

Dans un mois, François Hollande retrouvera le sol de La Réunion. Venant de Moroni, capitale des Comores, après le sommet des Chefs d’Etats de la COI, il atterrira à Pierrefonds et passera la nuit dans un grand hôtel du Sud. Cela fera un peu plus de 2 années qu’il avait demandé de voter pour sa candidature sous le slogan : « Le changement, c’est maintenant ».

Dans un « Département socialement hors norme », un tel rendez-vous a été bien perçu, si bien que les électrices et les électeurs se sont empressés de lui apporter près de 72% des suffrages exprimés (286 109 voix) alors qu’il a été élu avec 20% de moins (51,64%). L’ampleur du résultat à La Réunion exprimait une profonde attente totalement étrangère au discours importé gauche-droite. Comment les choses se sont-elles passées depuis cet engagement de confiance ?

Le Parti Socialiste a fait main basse sur les Législatives de 2012 en concentrant ses attaques contre le PCR. Comme dans le passé, son obsession était de priver le PCR d’une représentation à Paris qui aurait exposé les attentes de ce public de 72%. Hélas, c’est en lien avec ses instances parisiennes que le PS a opéré jusqu’à soutenir la dissidence au sein du PCR, pour tenter de l’affaiblir. Pour quels résultats ? L’illusion qu’une victoire électorale pourrait gommer une réalité sociale cruelle. Ce fut une double trahison : politique et sociale.

En effet, notre organisation a participé loyalement à la désignation du candidat aux primaires citoyennes, malgré la trahison des Régionales. En quoi, depuis 2 ans de mandats, les 5 Députés socialistes+Une ont-ils corrigé la moindre parcelle d’inégalité sociale ? En quoi les attentes des 72% électrices et électeurs loyaux ont-elles été satisfaites ? On entend bien, ici et là, des gémissements et des indignations sélectives de quelques Députés, mais aucun « changement » ne se profile à l’horizon. Nous sommes au cœur d’une trahison politique envers des personnes loyales, d’un côté les électrices et les électeurs, et de l’autre, le PCR.

Les dégâts directs et collatéraux de ces erreurs sont énormes. La visite-éclair de 2 ministres du nouveau gouvernement, au contenu dérisoire, n’a pas arrangé les choses. Les Réunionnais ont pu mesurer le mépris dans lequel les 72% de nos compatriotes sont tenus. Cependant, cette fois-ci, les forces sociales et politiques trahies se sont organisées et se sont faites entendre. Les jeunes, les planteurs, les travailleurs, entre autres. A leur côté : les dirigeants du PCR. Le Sénateur Paul Vergès qui est sali et maltraité à longueur de journée et d’antenne, dans les médias, était le seul parlementaire présent.

L’anti-communisme n’est pas un projet politique. Le peuple se rend compte que la diversion est terminée. Rendez-vous dans un mois.

J.B.


Kanalreunion.com