Edito

Le préfet devait-il s’entourer de parlementaires casseurs d’emplois ?

J.B. / 7 décembre 2012

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Le préfet était entouré de 3 parlementaires socialistes pour expliquer le dispositif « emploi d’avenir ». C’est une illustration que la culture politique post-coloniale a beaucoup de mal à sortir du vieux système : « l’État partisan ». Le préfet est un fonctionnaire de l’État et il doit faire son travail au service de tous les citoyens. Il est chargé de faire appliquer la loi et faire respecter le droit.

Les politiques doivent assumer leurs responsabilités devant le peuple et rendre des comptes aux électeurs qui les ont choisis. S’ils doivent faire la promotion de leur politique, ils n’ont pas à utiliser les locaux de la Préfecture pour le faire. Ils disposent de suffisamment de lieux pour cela. En plus, Victorin Lurel avait déjà obtenu la médiatisation de 7 contrats signés.

Dans le passé, des préfets décidaient à la place des élus. Certains se prenaient même pour des gouverneurs. Nous avons aussi connu des élus qui intervenaient auprès des préfets pour prendre des options partisanes. C’est typique lors des visites ministérielles où des circuits sont minutieusement organisés pour éviter des communes adverses, privant le ministre d’une confrontation avec les réalités du pays.

Au-delà de l’amalgame préfet-PS, cet affichage a fait surgir des questions. Où étaient les députés Patrick Lebreton, Jean-Jacques Vlody et Jean-Claude Fruteau ? Pourquoi les autres parlementaires, membres de la majorité présidentielle, n’étaient-ils pas là ? Ont-ils été exclus de cette tribune de présentation ? Par qui ? Ou tout simplement, ont-ils refusé de participer à la prise en otage du représentant de l’État ? Ce qui serait tout à leur honneur !

Cependant, dans cette brochette, la présence de Vergoz fut sans conteste de la désinvolture ; il faisait de la publicité pour les contrats « emploi d’avenir » alors qu’il est le responsable direct de la perte de milliers d’emplois durables, conséquence de la suppression des grands projets par Didier Robert, le dirigeant UMP qu’il a aidé à placer à la présidence de la Région. Pour ne prendre qu’un exemple, le Tram-Train allait créer des milliers d’emplois dans le BTP pour réaliser l’infrastructure, puis pour gérer le système de transport.

On en avait pour plus de 15 ans. Deux ans avant, à Saint-Denis, la municipalité socialiste a supprimé le projet de « Pôle Océan » et le "Zénith" intercommunal. Il reste un grand trou dans la ville et un autre trou de 7 millions dans le budget. Dès lors, en 5 ans de mandats, la municipalité a fait perdre combien d’emplois ? Mmes Bareights et Orphé ont participé à cette casse, car elles margent à la direction municipale. En cette période de crise, elles ont eu une attitude négative.

Le représentant de l’État républicain aurait dû respecter les Citoyens et ne pas se faire encadrer par 3 éléments les plus négatifs, représentant la casse de milliers d’emplois.

J.B.


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