Edito

Le premier effet boomerang

Manuel Marchal / 24 décembre 2010

Depuis la campagne électorale, Didier Robert ne cesse de marteler le même discours en utilisant les mêmes mots. Mais au bout d’un peu plus de six mois, le disque est rayé, et le représentant de Nicolas Sarkozy à La Réunion perd sa crédibilité. Son interview hier dans le journal de Réunion Première a manifestement montré un président de Région pris la main dans le sac de ses promesses démagogiques.

Ainsi, le premier adjoint au maire du Tampon ne cesse de répéter que son objectif est d’amener 600.000 touristes à La Réunion d’ici 2015, soit 200.000 de plus qu’aujourd’hui en 5 ans. Mais quand la journaliste rappelle que l’île Maurice a mis 10 ans pour attirer 200.000 touristes supplémentaires, le président de la Région est déstabilisé.
En effet, à la différence de la Région Réunion, le gouvernement mauricien peut décider des conditions d’immigration dans son île. Cela explique pourquoi il est possible d’aller passer des vacances à Maurice sans avoir besoin de passeport. Car pour augmenter leur nombre de visiteurs, nos voisins mauriciens décident de simplifier considérablement les formalités pour les touristes.

Concernant La Réunion, les décisions sont prises à Paris, et cela fait déjà plusieurs années que le gouvernement sait qu’il doit agir pour faciliter l’accès de La Réunion à des touristes ressortissants de pays à fort potentiel mais situés en dehors de l’Union européenne : Afrique du Sud, Chine, Inde… En 2010, rien n’a avancé sur ce plan avec la présence à la direction de la Région d’un membre du bureau politique de l’UMP, le parti au pouvoir à Paris.
Autrement dit, Didier Robert prétend qu’il veut faire deux fois plus rapidement que les Mauriciens, alors qu’il n’a aucun pouvoir de décision sur les conditions de délivrance des visas aux touristes.

Lorsque la journaliste de Réunion Première demande à Didier Robert comment donc il compte s’y prendre pour aller deux fois plus vite qu’à Maurice malgré le fait qu’il existe des obstacles que ne connaissent pas nos voisins, le président de Région donne en substance cette réponse : ici ce n’est pas Maurice. Et il enfonce le clou en affirmant que 200.000 touristes de plus en cinq ans est un objectif réaliste. Il parle comme un disque rayé qui ne sait que répéter des promesses de campagne électorale.
L’interview d’hier du président de Région l’a décrédibilisé aux yeux de l’opinion. C’est un premier coup de boomerang provoqué par sa propre stratégie de communication. Ce n’est pas le dernier de cette "Année du tourisme". Affaire à suivre…

M.M.


Kanalreunion.com