Edito

Le prix du pétrole s’effondre, pourquoi les transporteurs ne manifestent-ils pas ?

J.B. / 16 janvier 2016

Le prix du baril de pétrole est tombé sous les 30 dollars. Ce n’est plus arrivé depuis 1999. À l’époque, la tendance à la forte hausse avait commencé en 2003 pour s’accélérer en 2007. En juillet 2008, le sommet était atteint avec un baril à 147 dollars, puis le cours avait baissé avant de remonter. Entre janvier 2011 et septembre 2014, le prix du baril de brent était resté au-dessus de 100 dollars, dépassant même 120 dollars lors de courtes périodes en 2011 et en 2012. En juin 2014, son prix était de 114 dollars, depuis c’est une chute continue des cours pour aboutir à 30 dollars. C’est du jamais vu depuis longtemps.

En novembre 2008, des opposants à la Région Réunion présidée par Paul Vergès avait pris prétexte d’une baisse du prix du pétrole pour barrer les routes et assiéger en toute impunité le siège de la collectivité. À l’époque, le mode de calcul du prix à la pompe était différent. La révision se faisait tous les trois mois. La baisse était donc répercutée avec trois mois de retard. L’opacité du mode de calcul de la facture présentée par les pétroliers à la préfecture ne facilitait pas les choses. Les transporteurs voulaient une baisse de 20 centimes par litre de gazole pour eux. Lors des négociations tenues à la Chambre de commerce, ils avaient alors soutiré une subvention de 2,5 millions d’euros de la Région et levé le siège.

Aujourd’hui, le prix du pétrole est plus faible qu’en 2009. Mais pas de manifestation à l’ordre du jour des transporteurs pour demander à la Région de financer une baisse des prix. Pourtant, nombreux sont les camions à envahir les routes pour transporter des galets destinés à être jetés à la mer. Puisque le prix du pétrole est revenu au niveau de 1999, pourquoi les agitateurs de novembre 2008 ne demanderaient-ils pas de faire baisser le prix du gazole à son niveau de 1999 ? Nul doute qu’ils seraient gagnants. Mais ils ne le font pas. L’identité du président de Région n’est en effet plus la même. Didier Robert privilégie le tout-automobile au détriment de la construction du train. L’absence de manifestation des transporteurs confirme donc l’objectif politique des blocages des routes de novembre 2008. C’était pour discréditer la majorité régionale et lui faire perdre les élections qui avaient lieu 15 mois plus tard. Cela souligne aussi l’étonnante passivité du préfet de l’époque. Il n’a manifestement pas pris les dispositions pour contrer ce qui était une attaque contre la démocratie.


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