Edito

Le retour de boomerang

Manuel Marchal / 5 février 2011

Un fait divers tragique vient d’être projeté à la "une" des médias en France. Il concerne l’assassinat d’une jeune fille à Pornic, près de Nantes. Dirigeant un gouvernement aux abois, le président de la République tente de se refaire une santé en exploitant ce dramatique fait divers et surtout les sentiments qu’il peut provoquer.
Lors de la visite d’un hôtel de police, Nicolas Sarkozy s’est lancé dans une violente charge contre ceux qui sont suspectés d’avoir laissé sortir de prison « le coupable présumé », de ne pas l’avoir suivi et de ne pas avoir instruit une plainte pour des faits très graves commis à l’encontre d’une autre femme.

Mais sur toute la ligne Nicolas Sarkozy a tout faux. Tout d’abord parce que l’accusé a accompli la peine de prison pour laquelle il a été condamné. Ensuite, il était suivi pour une affaire d’outrage à magistrat, or le fonctionnaire de l’institution judiciaire responsable de ce suivi a, en moyenne, 180 personnes à contrôler. Parmi elles figurent obligatoirement des anciens condamnés à des faits autrement plus graves qu’un outrage.
Quant à la dernière accusation, il s’avère qu’aucune plainte n’avait été déposée, ce qui rendait impossible toute instruction.

Mais il est une chose qui est certaine. Si l’institution judiciaire avait suffisamment de moyens pour accomplir ses missions, le drame de Pornic n’aurait jamais eu lieu. Mais de restrictions en coupes budgétaires décidées par le gouvernement, l’institution n’avait pas les moyens d’empêcher ce fait divers tragique.
Sur ce point, ce n’est pas une présomption de culpabilité, mais c’est la responsabilité du gouvernement qui est engagée. C’est donc le retour du boomerang pour Nicolas Sarkozy. Ce qui rend d’autant plus indécent son exploitation politicienne de la douleur de la famille et des proches touchés par un deuil cruel.

M.M.


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