Edito

Le rôle irremplaçable du PCR

J.B. / 18 août 2014

Ce qui justifie le déplacement de François Hollande dans nos eaux, c’est d’abord sa participation au Sommet des Chefs d’Etat de la COI. Au préalable, il s’adressera aux élus de La Réunion. Va-t-il dévoiler la teneur de son intervention avant Moroni ? En d’autres termes, va-t-il nous délivrer sa vision de l’avenir de La Réunion ? Va-t-il porter une parole réunionnaise ou celle d’un chef de parti parisien ?

La 1ere Conférence des partis et organisations progressistes du Sud Ouest de l’Océan Indien s’est tenue à Mahé du 27 au 29 avril 1978. Cette organisation avait nourri la réflexion sur l’avenir post-colonial de nos îles. Ce ne fut pas le seul espace : du 17 au 19 mai, de la même année, Tananarive recevait la 5e Conférence des pays et partis progressistes africains. Nous étions dans une période politique très féconde. Quatre ans plus tard, le 11 juin 1982, naissait la COI, fondée par Madagascar, Maurice et les Seychelles.

Pour ne pas s’isoler, La Réunion a pu intégrer l’ensemble sous le terme générique de « France(Réunion) », le même jour que les Comores. Ce compromis précisait bien qu’il s’agit d’une intégration géographique et non de la reproduction de relations coloniales. En d’autres termes, La Réunion ne peut être le cheval de troie de l’ancien colonisateur. Par contre, la France comme d’autres anciennes puissances coloniales pouvaient être solidaires de ce nouvel ensemble et l’encourger à persévérer.

Trois décenies plus tard, La Réunion n’a toujours pas de voix prépondérante au sein de cette instance. Lors des derniers JIOI, à Seychelles, le drapeau des jeux a été, officiellement, transmis à l’ambssadeur de France qui l’a ensuite confié au Président de Région, Didier Robert, ...sur le tarmac de l’aéroport ! Tout un symbole dans l’inversion des rôles. Qu’un élu Réunionnais puisse accepter cette humiliation, c’est l’autre symbole.

S’il le souhaite, François Hollande peut prendre de la hauteur en articulant la dignité et la solidarité, l’histoire et la géographie, dans une vision globale de l’avenir. Trente ans après sa fondation, la COI peut évoluer vers un grand projet de co-développement durable au service de tous ses membres intégrés. Nous pourrons enrichir un programme d’actions sur 30 ans pour une population de 40 millions d’habitants. Ce projet inclusif devra toucher tous les domaines de la vie. La France et la francophonie apporteront les moyens utiles à la réussite de cette démarche. L’on notera une fois de plus le rôle irremplaçable du PCR, un acteur de premier plan.

J.B.


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