Edito

Le sermon démocratique de Obama n’est pas crédible

Ary Yée Chong Tchi Kan / 1er août 2015

Barack Hussein Obama, lors de sa visite en Afrique, a voulu laisser une bonne impression de lui, à la fin de son mandat présidentiel. Il faut lui reconnaître des qualités exceptionnelles de communicant. Les séquences familiales et artistiques ont été d’un bon niveau. Par contre, ce fut décevant sur le plan politique : le sermon démocratique aux Africains ne passe pas.

Détenteur du Prix Nobel de la Paix depuis 6 ans, il n’a jamais eu un mot de compassion envers le jeune américain, Edward Snowden, qui a eu le courage d’exposer au monde entier, le système d’espionnage le plus sophistiqué, la NSA. Chef des armées des États-Unis, il a justifié le maintien du système malgré les preuves scandaleuses et irréfutables. Difficile de faire croire aux Africains qu’espionner les chefs d’Etats, y compris ses alliés, est un modèle de démocratie. Dans leur sagesse, les Africains devraient écrire une lettre collective pour que le Prix Nobel de la Paix accueille avec raison son compatriote, Edward Snowden, ce preux chevalier des temps moderne pour la Liberté, la Démocratie et la Paix.

Noir de peau, Obama a fait de son physique un symbole dans l’accession à la magistrature suprême des États-Unis, n’hésitant pas à préciser que dans ses veines coule du sang africain. Avant lui, Colin Powell a usé de la même rhétorique pour évoquer sa promotion comme ministre de la plus puissante armée du monde. Dans son livre, « j’ai eu de la chance », il explique avoir lancé la guerre en Irak, sur la base d’un mensonge. Remords devant les conséquences désastreuses de ses actes ? Ce simple témoignage est largement suffisant pour que les États-Unis et Powell soient traduits devant la TPI (Cour pénale internationale) qui juge les responsables de crimes et génocides.

Enfin, c’est sous la mandature du président Noir actuel que les Américains Noirs sont descendus comme des lapins par des policiers à la solde d’un pouvoir blancs, servi par des tribunaux qui relaxent systématiquement les tueurs. Auréolé du Prix Nobel de la Paix, promu à la fonction suprême des États-Unis, notre champion ès-africain de la démocratie donne des leçons au reste du monde mais ne se les applique pas. Voilà pourquoi les Africains et les démocrates sincères doivent continuer à progresser, mais ne jamais boire les paroles d’un Président de États-Unis, qu’il soit blanc ou noir.


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