Edito

Le tram-train, un moyen de lutter contre la pauvreté

J.B. / 20 octobre 2016

Selon une étude publiée par une agence de l’ONU, La Réunion est un des pays les plus urbanisés du monde. Elle se situe au 11e rang derrière des cités-État comme Monaco ou Singapour. Une autre étude venant cette fois de l’OCDE a constaté que les villes étaient des pièges à inégalités. C’est pourquoi la conférence Habitat III organisée depuis lundi à Quito en Equateur intéresse La Réunion.

Lors de son intervention, le secrétaire général de l’ONU a souligne que les villes sont appelées à jouer un grand rôle dans la lutte contre la pauvreté. La précarité est un phénomène qui touche massivement la population à La Réunion, car près de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. La forte urbanisation et la situation sociale de notre île font que les villes réunionnaises sont classées parmi les plus pauvres de la République.

L’ONU insiste sur le fait que la planification urbaine est importante. Si la population est répartie dans le voisinage de transports modernes et pas chers, alors sa mobilité est favorisée. C’est un moyen de lutter contre la pauvreté en favorisant l’accès au travail. Le projet de tram-train se situait dans la ligne de cette préoccupation. Il devait relier les zones les plus densément peuplées de La Réunion à un tarif abordable pour les plus pauvres. Grâce à ce mode de transport écologique, il était possible alors de s’affranchir des contraintes d’un aménagement accordant la part belle à l’automobile.

Mais une coalition allant de Didier Robert aux socialistes en passant par Bello a mis en échec ce projet lors des régionales de 2010. Alors qu’il était réclamé par une écrasante majorité de la population, et par tous les maires concernés, le tram-train a été stoppé alors que plusieurs infrastructures avaient été construites. Les nouveaux ponts de la rivière des Pluies, de la rivière des Galets et l’axe mixte entre Le Port et Saint-Paul témoignent de cette empreinte, car ils comprennent les emprises prévues pour le tram-train.

L’argent obtenu par Paul Vergès pour construire ce train a été affecté au financement d’une improbable route en mer. Ce chantier pharaonique n’apporte rien aux plus pauvres, car il donne encore la priorité à l’automobile. C’est un moyen de transport onéreux et polluant, hors de portée de la bourse d’une grande partie de la population réunionnaise. Les fameux 2000 bus devant relier les villes de La Réunion en site propre n’étaient qu’une promesse sans lendemain de Didier Robert.

La France est un des pays représenté au sommet Habitat III. Sa ministre du Logement y est même intervenue. Il est donc temps de mettre enfin en accord les paroles et les actes. Qu’attend en effet le gouvernement pour cesser d’engloutir de l’argent dans une route en mer ? Pourquoi ne prend-il pas une décision favorable à la mobilité des plus pauvres ?


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