Edito

Le vote de confiance sera-t-il vidé de sa substance ?

J.B. / 10 septembre 2014

Dans une semaine, le 16 septembre, le Premier ministre Valls exposera la politique de son gouvernement et demandera la sanction des Députés. Il n’était pas obligé de passer par « le vote de confiance ». Pourquoi le fait-il alors ? Quelles pourraient en être les conséquences ?

Les observateurs ont noté que Valls avait profité du « couac » de Montebourg pour exiger l’allégeance des autres membres du gouvernement à sa politique. La cohérence gouvernementale est sauve à l’issue de la dissolution mais les contradictions continuent à s’exprimer. Les socialistes ont mal en leur gouvernement en ce moment, d’autant que leur président est empêtré dans des « histoires ». Ce n’est vraiment pas la gloire.

Valls le sait bien et il joue sa carte pour les présidentielles. Lui qui est arrivé bon dernier en 2011 lors des primaires pense tenir sa chance en isolant les autres prétendants-es. Du Medef à la Rochelle, il a défini son spectre de rassemblement et mesuré sa popularité. Il a décidé d’utiliser le rapport de force pour étouffer la concurrence. Il réclame un vote sur sa politique. Tous les parlementaires qui acquiescent auront du mal à revenir en arrière lors de la Présidentielle. Valls veut obtenir son galon de « chef incontesté de la majorité » sur un programme qui dénature le projet de 2012.

Il se pose non seulement en recours en cas de défaillance de Hollande mais il ne veut pas entendre qu’il puisse avoir une autre politique que la sienne. Martine Aubry a compris le piège et a tenté de s’en extraire en réclamant des « infléchissements ». Valls ne lui a laissé aucune marge d’action en déclarant « quels infléchissements ? Où est l’alternative ? » ; il la rend responsable d’un trouble supplémentaire. Aubry ne veut pas voter cette politique et servir de marchepieds aux ambitions personnelles de Valls. Elle a donc décidé de publier ses propositions « d’infléchissement » la fin de cette semaine.

A ce rythme, le débat sur le vote de confiance aura commencé plus tôt que prévu, en dehors de l’hémicycle et hors du seul chemin tracé par Valls. Martine Aubry devra démontrer qu’il y a une « alternative » crédible sinon elle ne pourra pas être le recours à Hollande, elle qui est sortie 2e de la compétition interne, en 2011. Les débats qui s’annoncent vont inévitablement déborder le seul cadre du PS. Les contestataires socialistes trouveront des convergences chez les autres alliés d’un jour : Verts, PCF, etc. A vouloir écraser toute expression plurielle de la majorité, Valls aura réussi à vider le vote de confiance de sa substance avant même l’échéance du 16.


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