Edito

Leçons climatiques venues des États-Unis à destination des élu(e)s réunionnais

J.B. / 18 septembre 2013

On ne compte plus le nombre d’insultes déversées sur Paul Vergès durant toute sa vie politique. Quand on ne l’attaque pas directement, alors on biaise. Le pire, c’est quand les médias officiels organisent l’ostracisme sur les idées les plus avancées qu’il développe pour permettre à La Réunion et aux Réunionnais d’être à la pointe des idées qui préoccupent le monde et d’anticiper sur les conséquences inévitables. A quoi rime cette résistance quand les faits lui donnent raison ?

Prenons l’exemple du réchauffement de la planète qui accélère les changements climatiques et provoque des catastrophes de tous ordres. Cela fait plus de 10 ans que Paul Vergès préside aux destinées de l’ONERC qui a vu le jour à la suite du vote de sa proposition de loi au Sénat. Les travaux de l’institution sont connus, puisque le sénateur réunionnais remet un rapport chaque année au gouvernement du moment. Il a permis de faire évoluer ce sujet, de l’expertise à la décision politique. Ce qui fait de la France l’un des pays les mieux fournis en réflexions, et de Paul Vergès l’un de ses animateurs politiques.

Quand le 11 septembre, des images apocalyptiques nous proviennent du Colorado, inondé sous des trombes d’eau et enseveli sous des tonnes de boues, on se dit : voilà une ville qui a manqué d’anticipation, ou alors le pays est si riche qu’il ne peut se comparer à Haïti ou au Bangladesh ? Les médias rapportent que, selon les autorités de la ville, il s’agit d’un « événement historique qui survient tous les 500 ou 1.000 ans ». Sauf que le 10 septembre, le maire de la ville menait une vie ordinaire et ne savait pas qu’il était à la fin de la période des « 500 ans ou 1.000 ans »  ! Aucun responsable politique ne peut invoquer la fatalité ou bien se débarrasser de la charge sur les générations futures. Que pensent les maires de La Réunion et les insulteurs patentés de Paul Vergès ? Vont-ils attendre l’imminence de la catastrophe ou alors anticiper ?

En son temps, Paul Vergès, maire du Port, a fait de l’endiguement de la rivière des Galets la priorité de la ville. Des études très poussées ont été nécessaires à la modélisation de l’ouvrage actuel qui protège les habitants de la ville, construit dans le cône de déjection de la rivière des Galets dont les crues violentes sont connues. Dans une vision d’avenir partagée, malgré l’âpreté de la lutte politique de l’époque, cela ne l’a pas empêché d’associer le maire de Saint-Paul, Paul Bénard. On ne remerciera jamais assez un adjoint saint-paulois, aujourd’hui disparu, qui, sans mettre son étiquette dans sa poche, a servi son pays et sa ville.

Il y a un an, les dégâts causés à la ville de New York par le cyclone Sandy ont coûté 37 milliards de dollars, plus de la moitié pour payer les assurés. Selon des réassureurs, ils ont dû débourser pour la même année 160 milliards. Par comparaison, rappelons que la reconstruction du pont de la rivière Saint Etienne, après les dégâts de Gamède, à Saint-Louis, a coûté 60 millions. Dire que le socialiste Vergoz et son ami UMP qui préside la Région s’acharnent à faire passer une route à 6 voies... en pleine mer ! La leçon provient des États-Unis : ça n’arrive pas qu’aux autres ! Il faut s’adapter et vite.

J.B.


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