Edito

« Lèr larivé… »

LB / 12 juillet 2010

Vendredi dernier s’est déroulée à la mairie de Saint-Denis la cérémonie de clôture de la 1ère Université internationale d’hiver organisée à La Réunion par le Département d’études créoles de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines, avec le soutien de plusieurs partenaires. Cette rencontre s’est terminée par la remise d’un diplôme à environ 35 étudiants dans l’une des spécialités suivantes : anthropologie, linguistique, ethnomusicologie et littérature.
Dans ces différentes matières, des enseignements, conférences-débats et événements festifs ont été organisés pendant 6 jours, sur le thème “Créolité / créolisation : états de la question”. Et cette semaine de travaux universitaires, auxquels ont contribué une vingtaine d’enseignants et chercheurs du monde entier, fut une belle réussite, que les organisateurs souhaitent pérenniser et encore amplifier dans les prochaines années.

“Témoignages” est d’autant plus heureux de cette réussite qu’elle a permis de souligner les progrès de l’identité culturelle réunionnaise dans tous les domaines : connaissance de la langue créole et reconnaissance des richesses de cette langue, promotion de notre littérature, expression croissante de notre fierté identitaire sous toutes ses formes artistiques et culturelles, volonté de plus en plus partagée de valoriser à la fois la diversité de nos cultures ancestrales et l’unité culturelle du peuple réunionnais, unique au monde. L’inscription du maloya dans le patrimoine culturel mondial est un des symboles forts de ces progrès.
Mais à quoi sont dues ces nombreuses avancées, sinon au combat solidaire de multiples acteurs intellectuels, socio-éducatifs, artistiques, culturels et politiques réunionnais, déterminés à faire respecter les droits de notre peuple, y compris sur le plan identitaire ? C’est de ce combat, largement partagé, que la population récolte les fruits aujourd’hui.

Mais comme l’ont dit plusieurs intervenants vendredi, cette lutte n’est pas terminée, car le rouleau compresseur des assimilateurs et des négationnistes continue de fonctionner (voir la suppression de la MCUR). Et un élu a souligné à quel point « il est important de résister à une certaine “décréolisation” de notre société, car un peuple sans identité est un arbre sans racine ».
Dans ce domaine du développement durable comme dans les autres, il faut donc renforcer le partenariat des Réunionnais pour continuer à transformer positivement notre société. Comme le dit l’artiste et militant culturel réunionnais Ti Fock dans une de ses chansons, « lèr larivé rod in manièr pou nou levé, pou kalkil nout péi koman i lé ». Lé vré, « lèr larivé… ».

L. B.


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