Edito

Les bases d’un rassemblement pour le renouveau de la lutte

J.B. / 2 mai 2017

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Le défilé du 1er mai à La Réunion s’est déroulé dans l’unité des syndicats opposés à la Loi Travail. Cette lutte sociale avait marqué 2016. Le gouvernement avait en effet fait adopter en utilisant l’article 49-3 un texte de loi porteur de nombreux reculs. Ce texte facilite les licenciements, réduit les droits des syndicats et remet en cause la « hiérarchie des normes » en rendant possible partout l’application d’un accord d’entreprise moins favorable que la loi.

La lutte contre ce projet de loi avait vu se rassembler une intersyndicale composée de la CGTR, de FO, de la FSU, de Solidaires et de l’UNEF. Ces organisations étaient soutenues par des partis politiques au premier rang desquels se trouvait le Parti communiste réunionnais. Dès le départ, le PCR avait affirmé son soutien à la lutte et était présent par de fortes délégations à chaque manifestation. Pour passer outre l’opposition des frondeurs du PS, du PCF et d’une partie des écologistes, le gouvernement avait utilisé l’article 49-3 qui prévoit l’adoption du texte à moins qu’une motion de censure fasse tomber le gouvernement. Au moment du vote de la motion de censure, les députés de l’opposition et du PCF avaient voté pour. Aucun député de La Réunion n’avait souhaité voter pour le seul texte qui aurait permis d’empêcher l’adoption de la Loi Travail. Il est clair que ces élus portent une responsabilité dans l’entrée en vigueur de ce texte qui a marqué une profonde crise de confiance entre les travailleurs et les députés d’une majorité soi-disant de gauche.

C’est ce genre de mesure qui a favorisé la montée de l’extrême droite aussi bien en France qu’à La Réunion. C’est ce qu’ont justement rappelé les syndicalistes qui ont arrêté le cortège du 1er mai quelques minutes devant la mairie de Saint-Denis. La commune est en effet dirigée depuis presque 10 ans par un maire socialiste qui ne s’est jamais opposé au gouvernement dirigé par son parti. Elle compte également deux députées PS qui ont laissé passé tous les reculs subis par les travailleurs au cours de ces cinq dernières années. L’une d’entre elles, Ericka Bareigts, est devenue ministre des Outre-mer. Sa loi sur l’égalité réelle était présentée comme la mesure phare du gouvernement pour faire face à la crise sociale qui touche depuis des décennies les anciennes colonies devenues départements français. Son inefficacité s’est traduite par un mois de grève générale en Guyane. Grâce à la lutte, les Guyanais ont obtenu bien plus que ce le gouvernement leur avait promis.

Ce 1er mai, les syndicats ont montré que le rassemblement contre la Loi Travail est toujours là. Une fois l’extrême droite écartée du pouvoir dimanche, ils ont souligné l’importance de se mobiliser pour faire face aux nouvelles mesures anti-sociales du prochain pouvoir. La traduction politique du mouvement social ne pourra plus faire confiance à ceux qui ont laissé passer la Loi Travail. L’abstention forte au premier tour de la présidentielle, le succès de Jean-Luc Mélenchon et la progression de l’extrême droite sont autant d’arguments qui plaident pour un profond renouvellement de la représentation des Réunionnais à l’Assemblée nationale

J.B.


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