Edito

Les billets d’avion toujours plus chers… sauf avec l’A380 à 800 places

J.B. / 15 février 2014

Le nouvel arrêté de la préfecture fixant le prix de vente maximum des carburants et du gaz a été publié hier. Il prévoit une légère baisse du gazole, une hausse du sans plomb et une diminution du prix de la bouteille de gaz. Pour aussi importante qu’elle soit (plus de 7%), la baisse du prix de la bonbonne ne compense pas les hausses décidées pour novembre et janvier : fin octobre, le prix était de 21,10 euros, il est aujourd’hui de 22,56 euros.

Ces prix sont les premiers fixés avec l’application du décret "Lurel". C’est l’annonce de ce nouveau mode de calcul des prix qui avait lancé un grand mouvement dans tout l’Outre-mer. Les gérants de stations service estimaient qu’ils allaient être les perdants dans l’affaire. Car si le gouvernement avait pour but de faire baisser les marges des compagnies pétrolières, les gérants de station craignaient que ces dernières se retournent vers les détaillants pour y reprendre ce qu’elles avaient dû céder à l’État.
Le ministre des Outre-mer était présenté comme celui qui résistait aux compagnies pétrolières. Un communiqué signé par 22 parlementaires avait été publié pour conforter cette thèse. Ils appelaient Victorin Lurel à ne plus rien négocier.
Au bout de deux jours de grève, la concertation a été imposée par Paris. C’était un désaveu pour la méthode suivie jusqu’alors. Quant aux 22 parlementaires, leur crédibilité était sérieusement entamée quand au bout de quelques heures de négociations, une solution était trouvée. A compter de ce matin, les Réunionnais vont donc constater les effets concrets du décret Lurel revu et corrigé.

Force est de constater que les évolutions sont bien marginales. On est bien loin d’économies substantielles. Tout ce qui a pu être obtenu, c’est trois centimes de baisse sur le gazole du fait, selon la préfecture, de facteurs extérieurs : baisse de la cotation et diminution du prix du transport.
Ce n’est pas étonnant, car le décret ne remet pas en cause la structure du système. Ce sont toujours les compagnies pétrolières qui dominent le secteur stratégique de l’énergie.
L’évolution des prix n’est pas étonnante, le pétrole est un produit aux ressources limitées, avec une demande de plus en plus forte. Tout ce qui en est tiré coûtera donc toujours plus cher, quelles que soient les lois et règlement d’un Etat.

Cette augmentation constante touchera aussi les compagnies aériennes. Elles répercuteront toujours sur le passager surtout si, comme à La Réunion, une collectivité décide de subventionner les billets d’avion.
Les effets « inflationnistes » de la "continuité territoriale" versée par la Région ne sont pas prêts de s’arrêter. La seule manière de protéger les intérêts du passager, c’est de faire baisser structurellement le prix du billet. Il faut pour cela un nouvel avion. C’est le projet d’A380 à 800 places. Mais dès l’arrivée de Didier Robert à la présidence d’Air Austral, le projet a été bloqué. Pourquoi donc se priver d’un moyen de diminuer la dépense publique ?

 J.B.


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