Edito

Les Collectivités réagissent aux décisions du gouvernement

J.B. / 16 février 2013

Le gouvernement socialiste est accusé de prendre des décisions et de les faire supporter aux Institutions de base que sont les Collectivités. Dans ses propres rangs, de plus en plus de voix s’élèvent contre les décisions et contre la méthode.

Le Président de l’Association des Maires de France, Jacques Pélissard, déclare : « les Collectivités verront la réduction des concours financiers de l’Etat doubler sur deux ans, portant le total du prélèvement à 4,5 milliards d’euros d’ici 2015. C’est 2 fois plus que ce qui était prévu par la loi de programmation budgétaire votée en décembre dernier ». Il termine en disant que « l’AMF regrette, une fois de plus, que les Collectivités locales ne soient pas considérées comme acteurs publics à part entière aux côtés de l’Etat et exige l’ouverture immédiate d’une négociation avec l’Etat ».

Le Président de l’Assemblée des Départements de France, Claudy Lebreton, communique : « l’annonce faite ce matin (NDLR-mardi 12), lors du Comité des finances locales (CFL), de diminuer les dotations aux Collectivités de 1,5 milliard d’euros en 2014 et 3 milliards en 2015 a provoqué une vive émotion voire de la colère chez un certain nombre d’élus. »

L’Association des grandes villes de France avait réagi par la voix de son président de la commission des finances, J.C. Boulard, pour souligner qu’il s’agit là « d’un recul historique des dotations risquant de conduire à une réduction des investissements locaux porteurs d’emplois ». Dans le même temps, des charges nouvelles sont imposées.

Le porte-parole de l’Association des Régions de France, Martin Malvy, dit que : « nous avons été hélas peu surpris par l’annonce faite par le gouvernement d’un doublement de l’effort demandé aux collectivités pour 2014-2015 ». Il demande au gouvernement de préciser ses intentions, tout en précisant : « le dialogue doit donc être loyal et franc ».

Tous ces responsables sauf un sont socialistes. Les dirigeants de l’Assemblée des Départements de France, de l’Association des Régions de France et de l’Association des grandes villes de France ne peuvent donc être suspectés de jouer contre le gouvernement. Mais, il y a les réalités. Si M. Malvy appelle à l’ouverture d’un « dialogue loyal et franc », c’est que pour l’instant elle ne l’est pas.

Cet état d’esprit des dirigeants des Collectivités en France doit renforcer la conviction des élus Réunionnais à réclamer une solution globale pour sortir La Réunion de la crise dans laquelle se trouve notre population. Le silence n’est plus de mise.

L’organisation administrative actuelle a failli. Elle génère tellement d’incohérence et de contradiction qu’elle n’est plus capable de régler les problèmes d’emplois, de logements, de prix, de revenus. Quand on a la moitié de la population sous le seuil de pauvreté et 28.000 jeunes de moins de 25 ans au chômage, 10.000 chômeurs supplémentaires l’année dernière... seule une assemblée capable de prendre de décisions spécifiques, réunionnaises, pourra faire face à une situation d’une gravité sans pareille de celles des Antilles ou de la France.

J.B.


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