Edito

Les cyclones rappellent que « le tout automobile » est suicidaire

J.B. / 7 janvier 2013

De mémoire de Réunionnais, le cyclone Dumile ne restera pas dans les annales cycloniques comme un cas exceptionnel. Cependant, la pluie qui est tombée un peu fort dans les hauts a gonflé rapidement les crues des rivières qui prennent leur source dans les bassins versants abondamment arrosés. Selon le maire de Saint-Louis, l’eau couvrait déjà toute la largeur de la rivière Sainte-Étienne alors même que « l’alerte rouge » n’était pas encore proclamée.

Cela montre l’ampleur de ce genre de phénomène. Dans d’autres circonstances, des pique-niqueurs et des sportifs ont été surpris par le gonflement des eaux des rivières, notamment dans l’Est, et certains en ont perdu la vie. Dans le cas de Dumile, c’est le réseau routier situé dans la rivière Saint-Étienne qui a subi le plus de dégâts, entrainant de grandes tracasseries pour les usagers de la route. Au moins 2 semaines de délai sont nécessaires pour rétablir la circulation, dit-on. En effet, il faut raccorder le radier au droit du pont qui est en construction et, également, remettre en état le radier du Ouaki, construit dans le lit de la rivière.

La situation reste fragile. Rien ne dit si un prochain phénomène ne viendra pas balayer les nouveaux ouvrages et les dépenses ainsi engagées. Dans le meilleur des cas, le pont qui sera livré au milieu de l’année 2013 rendra le radier en aval inutile. Mais, en amont, le problème du radier du Ouaki reste entier.

En effet, pour ce dernièr, la solution passe par la construction du pont qui relie La Rivère et l’Entre-Deux. C’est une infrastructure essentielle de la route de désenclavement qui continue vers le Sud au niveau du Bras de Pontho, et vers l’Ouest en traversant l’Étang Salé les Hauts, les Avirons et Saint-Leu, en suivant une ligne Piton-Étang, pour se raccorder à la route des Tamarins au Chemin Dubuisson.

La construction de ce pont qui enjambe la rivière Saint-Étienne est inscrite dans les projets du PCR depuis très longtemps. On trouve les traces écrites récentes dans « Égalité et Développement » rédigée en 1990 et régulièrement reprise dans ses documents électoraux. Lors du cyclone Gamède, Paul Vergès, alors président de Région, avait évoqué le sujet à Saint-Louis, en élargissant le débat à la suppression totale des 500 radiers submersibles ; ce qui aurait procuré du travail pour les moyennes entreprises du BTP pour 20 ans et sécurisé le réseau routier existant.

Depuis cette date, force est de constater que les seuls travaux pertinents furent la construction du nouveau pont, votée et lancée par la mandature de l’Alliance. Heureusement que ce projet n’avait pas subi le sort de la Rocade du Tampon, le Tram-Train, la MCUR, la géothermie, etc.! L’irresponsabilité des élus qui prennent en otage les usagers se mesure à la vitesse de 25.000 véhicules neufs par an qui viennent grossir le flot des 350.000 véhicules de la politique suicidaire « du tout automobile ». Et, comme un malheur n’arrive jamais seul, les cyclones viennent compliquer la tâche… et les finances publiques.

J.B.


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