Edito

Les députés défendront-ils les salaires des Réunionnais ?

J.B. / 27 novembre 2013

Hier, les salariés du "JIR" ont observé un débrayage d’une heure. Ils manifestent leur inquiétude au sujet du devenir de la prime COSPAR. Ils sont 117 à en bénéficier. Ce mouvement n’est pas anodin. Il montre que la situation sociale est tendue partout, même dans les grands immeubles de bureaux.

Dans son projet de budget 2014, le gouvernement ne prévoit pas de conserver sa contribution à cette mesure de lutte contre la vie chère. Si cette position était maintenue, alors le patronat pourrait saisir cette occasion pour baisser les salaires. C’est déjà fait pour le RSTA, car depuis le mois de septembre il n’est plus versé par l’État.

La conjonction de ces deux phénomènes est un drame. Des travailleurs peuvent perdre jusqu’à 150 euros, soit un manque à gagner de 300 euros par mois dans des familles. Un tel recul sur le pouvoir d’achat, c’est du jamais vu.

À Paris, les représentants de La Réunion peuvent agir pour empêcher cela. Tous les députés disent être dans la majorité. Cinq sont dans le même parti que le président de la République, le PS, et une sixième compte bien sur le soutien du PS pour se faire réélire. Ils ont donc la possibilité de se faire entendre et de peser, car ils sont dans la majorité. C’était d’ailleurs un de leurs arguments pour se faire élire.

Les voilà donc au pied du mur. Car le budget 2014 décidera du maintien ou pas de la participation de l’État au bonus COSPAR, et du retour ou pas du RSTA.

Le gouvernement par la voix du ministre Lurel a donné son point de vue : débrouillez-vous sans la solidarité nationale pour régler ce problème de pouvoir d’achat. Rappelons que c’est dans la rue que les Réunionnais ont réussi à arracher au précédent gouvernement ces 150 euros de bonus, c’était en 2009 soit bien avant les présidentielles et législatives.

Connaissant la position du gouvernement, les députés ont la possibilité d’amender le texte, pour soutenir le bonus COSPAR et relancer le RSTA. Au Sénat, c’est ce qu’a fait plusieurs fois Paul Vergès.

En première lecture, les députés du PS et Huguette Bello ont voté pour ou ont laissé faire le gouvernement sans apporter aucun amendement pour défendre le RSTA et le bonus COSPAR. Vont-ils se rattraper en seconde lecture ?

Car le bonus COSPAR ne bénéficie pas seulement aux salariés du "JIR", mais à 80% au moins des travailleurs du privé…

J.B.


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