Edito

Les élus sourds à la catastrophe humanitaire à Madagascar ?

J.B. / 22 août 2016

Vendredi dernier, la Journée mondiale de l’aide humanitaire a permis de mettre deux nombres en avant. Le premier est 65 millions. C’est celui des réfugiés. 65 millions de personnes dans le monde ont dû quitter leur foyer en raison des guerres, de la misère ou des catastrophes climatiques. C’est l’équivalent de la population en France. En 2016, un million de personnes ont traversé clandestinement la Méditerranée pour chercher une vie meilleure en Europe. Ce nombre considérable a suscité d’importantes réactions, allant de l’accueil de plusieurs centaines de milliers de personnes en Allemagne, à la construction de murs de barbelés en Hongrie pour empêcher les migrants de passer. Aujourd’hui, la répression continue de s’abattre sur ses déracinés qui cherchent refuge en Europe. Mais la persistance de la guerre au Moyen-Orient font que les raisons de cet exil en Europe sont toujours là.

Le second nombre est 130 millions. Ce sont les personnes qui survivent grâce à l’aide humanitaire. Cela correspond au double de la population française. Dans un discours prononcé le 19 août dernier, Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, a indiqué que si les personnes dépendant de l’aide humanitaire étaient un pays, ce serait le 10e du monde par sa population. « Ce sont des parents qui doivent choisir entre acheter de la nourriture ou des médicaments pour leurs enfants ; des enfants qui doivent choisir entre aller à l’école ou travailler pour aider leurs familles ; des familles qui doivent choisir entre rester chez elles et vivre sous les bombardements ou prendre le risque de s’échapper par la mer », a déclaré le responsable de l’ONU, soulignant que « nous pouvons nous employer à changer les choses ».

Justement, tout près de La Réunion a lieu une catastrophe humanitaire. La sécheresse touche notre région, plusieurs dizaines de millions de personnes sont concernées. À Madagascar, ce sont plus d’un million de personnes qui sont menacées par la famine. À part l’appel à la solidarité lancé par Maurice Gironcel auprès de la présidente du Conseil départemental, et ceux de Paul Vergès lors de ses conférences de presse, les élus de La Réunion sont discrets sur cette question. La Région préfère consacrer des fonds pour des billets d’avion que pour venir en aide à nos voisins, semble-t-il. L’appel des communistes à la solidarité sera-t-il entendu ? Que penseront les Malgaches tenaillés par la faim s’ils apprennent que près de chez eux, l’indifférence est le sentiment dominant ?

J.B.


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