Edito

Les illusions perdues de l’UMP

Geoffroy Géraud-Legros / 29 mars 2011

11 délégués socialistes, 11 délégués communistes, plus le Modem et la droite sociale : à l’issue du scrutin cantonal de dimanche dernier, les formations qui expriment un refus de la politique de Nicolas Sarkozy ont conforté leur assise au Département. Une réalité que Didier Robert s’évertue à minimiser : à l’entendre, l’UMP demeure la plus forte composante au sein du Conseil général. Curieuse logique, à l’allure presque enfantine, par laquelle le stratège défait des cantonales explique à la population qu’il est un perdant bien doté.
Sans doute ces déclarations ont-elles pour but de réconforter les troupes… et sans doute servent-elles aussi, à rassurer l’auteur du discours lui-même. Car M. Robert s’est engagé personnellement dans la campagne électorale : il a présenté personnellement les candidats de "La Réunion en confiance" à la presse, s’est activement impliqué dans leur travail de terrain et a donné tous les signes d’implication à leurs côtés.
La défaite de la liste UMP est donc pleinement la sienne : elle met fin à l’illusion d’état de grâce permanent dont se nourrissent les dirigeants de la Région, qui en une année de mandature, n’ont pas fait grand ‘chose d’autre que célébrer leur victoire de mars 2010, semblant passer d’un banquet en France à des buffets en Chine et en Australie, coupe de champagne et petits fours en main.
Aujourd’hui, ni la complaisance pourtant presque sans limites d’une presse sensible aux largesses de la Région, ni le chœur des flatteurs qui entourent le sommet de la pyramide inversée ne peuvent faire écran au désaveu populaire.
Définitivement rompue à force d’être usée, aussi, la grosse ficelle qui consistait à être sarkoziste à Paris et à ne pas avoir l’air de manger de ce pain-là devant les Réunionnais. Il se trouve que ceux-ci ne sont pas les imbéciles sous influence que croient les caciques de l’UMP : toutes les précautions prises par nos sarkozistes péi ne dissimulent plus leur allégeance à l’Élysée, ni le fait qu’ils approuvent et mettent en œuvre avec diligence la politique dictée par Nicolas Sarkozy.
En amont du scrutin, les outrances d’une Farreyrol, la grossièreté d’un Sita ou l’arrogance d’une Couapel-Sauret ont d’ailleurs grandement contribué à rétablir cette équation dissimulée avec soin, entre l’UMP locale et le parti présidentiel.
À un an des présidentielles, les cantonales agissent finalement comme révélateur des rapports de force au sein du champ politique réunionnais : elles font apparaître un peuple résolument opposé aux méfaits de Nicolas Sarkozy, qui, lors de la prochaine élection, risque de recueillir chez nous encore moins de suffrages qu’en 2007. Pour ceux qui croyaient pouvoir renverser la tendance, le temps des illusions s’achève.

 G.G.-L. 


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