Edito

Les jeunes et la menace sur la filière canne : quels emplois demain ?

J.B. / 16 juillet 2014

L’emploi faisait partie des thèmes abordés lors de l’intervention du chef de l’Etat pour le 14 juillet. Il a insisté sur l’action contre le chômage. François Hollande a rappelé que depuis 10 ans, le taux de chômage est de 10%. « Je ne peux pas l’admettre », a-t-il dit.

Ces 10% valent pour la France. Dans notre île, la situation est bien plus grave. Cela fait en effet plus de 30 ans que le taux de chômage avoisine les 30%. Aucun gouvernement n’a réussi jusqu’à présent à remettre en cause cette tendance. Une relative embellie avait eu lieu quand la Région avait réussi à engager de grands projets qui avaient pu relancer l’économie. Mais depuis 2010, tout a été arrêté. Aujourd’hui, le nombre de Réunionnais inscrit à Pôle Emploi dépasse 170.000, et rien n’est là pour rassurer.

En effet, près de 10.000 jeunes ont obtenu leur bac cette année, plus de 5.400 jeunes ont décroché un BEP ou un CAP, et 1.400 jeunes en situation d’échec à ces deux examens de l’enseignement professionnel sont dans l’expectative : auront-ils droit à une seconde chance ou seront-ils condamnés à sortir de l’école sans diplôme ?
Ce sont donc 15.000 jeunes qui vont rechercher un emploi, soit dès maintenant, ou d’ici quelques années. D’ici à la fin du mandat de François Hollande, la plupart feront partie de la population active. Seront-ils privés d’emploi ?

C’est dans ce contexte qu’intervient l’annonce de la fin du quota sucrier réunionnais. Le producteur de sucre est très clair. Lors d’une audition devant les députés de La Réunion le 6 mai dernier, il a bien dit que si l’industriel n’a pas la certitude de vendre son sucre, il n’achètera plus de cannes aux planteurs. Ce sera alors la fin de la filière, et la suppression de 30.000 emplois directs et indirects. C’est la plus grande crise sociale de l’histoire de La Réunion qui se profile.

Avec d’un côté l’augmentation continue du nombre de jeunes à la recherche d’un travail, et de l’autre la menace sur la filière canne, la pression est considérable. Sans rupture avec le modèle établi depuis plus de 60 ans, La Réunion s’enfoncera dans l’impasse.

J.B.


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