Edito

Les Mauriciens en faveur de l’enseignement du kréol

J.B. / 12 janvier 2012

Le 11 janvier 2012 sera marqué d’une pierre blanche dans l’histoire de l’enseignement à l’île Maurice. En effet, une cérémonie officielle a eu lieu, hier, pour concrétiser l’introduction du kréol dans les écoles.

C’est à l’école primaire du Morne que la cérémonie a eu lieu. Le ministre Vasant Bunwaree a prononcé un discours où il a précisé l’importance de la décision du gouvernement d’introduire la langue créole dans le cursus scolaire. Il donné des raisons pédagogiques et a montré que c’est une nécessité de cohésion sociale.

Il a noté que le kréol est la langue maternelle des Mauriciens de toutes cultures et que son introduction officielle dans l’enseignement est un vecteur pour découvrir la Culture des autres, ce qui aura pour conséquence de renforcer la cohésion de la société mauricienne. En résumé, c’est le kréol qui unira toutes les Cultures.

L’aspect pédagogique réside dans l’efficacité de maîtriser des matières fondamentales. Il est en effet démontré que les élèves réagissent positivement quand les questions sont posées en kréol alors qu’ils peinent à répondre quand c’est en anglais ou en français. Le ministre a encouragé le corps enseignant à utiliser la langue kréol dans l’apprentissage des autres matières.

Le ministre n’a pas manqué de faire le lien avec l’Histoire en précisant que c’est un saut qualitatif de la jeune République de Maurice envers ses citoyens.

Cette expérience mauricienne vient après celle des Seychellois. Dans cette République, la Constitution a prévu 3 langues officielles : le kréol, l’anglais et le français. Dans ce pays, l’enseignement est fait en kréol et la société seychelloise en est fière. Lors des Jeux de l’océan Indien, les observateurs et participants en ont eu un aperçu.

Cette percée du kréol comme langue d’enseignement et comme lien social et culturel est un encouragement envers les Réunionnais à poursuivre les efforts qui sont en cours. Désormais, le débat doit sortir du cadre de l’expertise et de l’expérimentation pour accéder à la décision politique. En toute franchise et en regardant l’avenir. Imaginez le programme dynamique que la COI pourrait envisager en mutualisant les expériences des 3 îles ! Tirant les leçons de ce qu’on est capable de faire en sport, nous pourrions offrir à nos jeunesses des ambitions communes, mais réalistes : la maîtrise de 3 langues, le renforcement des Cultures et la cohésion sociale.

J. B.


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