Edito

Les pauvres ne doivent compter que sur eux-mêmes...

J.B. / 6 janvier 2014

Le cyclone est parti et nous devons gérer les conséquences multiples. Chaque catégorie socio-professionnelle fait son bilan et présente la note à l’assureur ou à l’Etat. Le ministre est venu et a rassuré les intéressés. Il leur a dit qu’il aura un regard bienveillant sur leur dossier. Le président et le Premier ministre seront les premiers informés. Un décret de catastrophe naturelle sera pris pour débloquer les indemnisations.

Il y a une catégorie qui n’a pas fait la Une des médias mais qui subira gravement les contrecoups : ce sont les plus pauvres. L’essentiel de leur maigre revenu est consacré à l’achat d’alimentation. Nous sommes au début du mois de janvier. Chacun sait qu’en cette période de l’année, il n’y a plus d’argent. Quand ils percevront leurs allocations ou faibles retraites, il faudra payer les menus crédits relais et, le reste sera consacré à la nourriture. En attendant le mois prochain.

Or, nous assistons déjà à la flambée des prix sur toute une série de produits, notamment les légumes. Les fruits à 1 euro c’est fini. D’ailleurs, il n’y aura plus rien pour un euro. Comment dans ces conditions passer 30 jours ? Que penseront les pauvres quand ils entendront qu’il faut manger des fruits et des légumes pour avoir une bonne santé ?

Voilà de quoi encourager les militants de l’Appel de l’Ermitage ainsi que d’autres partenaires qui ont lancé le 31 décembre le compte à rebours pour abolir l’extrême pauvreté à La Réunion, avant 2015. Le passage du cyclone est venu nous rappeler que les pauvres ne doivent compter que sur leurs propres forces pour parler de leurs conditions de survie et engager résolument la bataille du changement.

J.B.


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