Edito

Les pauvres ont tout à perdre d’une dégradation du service public

J.B. / 10 octobre 2017

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Aujourd’hui, les syndicats des fonctionnaires manifestent pour protester contre la politique du gouvernement. Cette mobilisation est soutenue par le Parti communiste réunionnais.

Comme les travailleurs du secteur privé, les agents des services publics doivent faire face à une offensive tous azimuts. Cette politique vise à remettre en cause d’importantes avancées obtenues par l’application du programme du Conseil national de la Résistance au lendemain de la Seconde guerre mondiale.

Rappelons que la revendication à La Réunion, en Guadeloupe, en Guyane et en Martinique demandant l’abolition du statut colonial et la transformation en départements français avait pour but l’application de ce programme au bénéfice d’une population plongée dans la misère.

Les communistes ont joué un rôle décisif dans la rédaction de ce programme et sa mise en œuvre. Une des grandes avancées a été la création d’un statut de la fonction publique. Il visait notamment à améliorer les droits des agents de l’État, en leur donnant des outils pour résister à l’arbitraire. Ce statut a été rédigé sous la responsabilité d’un ministre communiste, Maurice Thorez.

Les gouvernements qui se sont récemment succédé n’eurent de cesse de remettre en cause ces avancées. Les ordonnances publiées le mois dernier affaiblissent les syndicats et visent à diminuer les droits des travailleurs face aux licenciements. Dans le secteur public, le pouvoir veut notamment supprimer 120.000 postes de fonctionnaires au cours des 5 années de son mandat. Une telle saignée dans les effectifs amènera une dégradation des services publics.

Pour les personnes appartenant aux classes sociales aisées, cette dégradation pourra être compensée par l’achat de services auprès de prestataires privés, d’autant plus qu’elles bénéficieront de baisses d’impôt. Mais ce n’est pas le cas pour la majorité de la population à La Réunion qui subira les conséquences de l’affaiblissement du service public, alors que sa charge fiscale ne baissera pas, car elle ne paie pas l’impôt sur le revenu en raison d’un salaire trop faible ou inexistant.

J.B.