Edito

Les poissons morts ne sont pas une fatalité

J.B. / 19 octobre 2013

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Dans le monde, les télévisions nous ont montré de gigantesques incendies aux Etats-Unis. Puis, elles ont appris aux Réunionnais que l’Australie devait faire face au même phénomène. Dans ce pays, alors que l’été n’a pas commencé, il a fait 45 degrés à l’ombre, un record de température.

Plus près de nous, des médias ont parlé de la sécheresse à Madagascar. Lors de son 8e congrès, le PCR avait adopté une résolution appelant à la solidarité avec un peuple menacé par la famine. En plus du manque d’eau, les cultures y subissent les assauts des essaims de criquets.

Tous ces phénomènes sont la conséquence du changement climatique. Sous l’impulsion de Paul Vergès, le PCR a fait de la lutte contre les effets du changement climatique une de ses priorités. C’est ainsi qu’en 1996, en pleine campagne d’une élection législative partielle, Paul Vergès et Philippe Berne ont alerté les médias sur un phénomène qui tôt ou tard allait nous tomber dessus.

Force est de constater que ce moment là est bien arrivé. Et aussitôt surgissent des difficultés dans les territoires où des responsables politiques étaient bien plus préoccupés par leur réélection que par les mesures à prendre pour protéger la population des effets du changement climatique.

La sécheresse continue de faire des ravages. À Saint-Denis, c’est la catastrophe écologique. L’eau de la rivière Saint-Denis est prélevée pour alimenter une partie de la ville en eau potable. Conséquence : elle ne coule plus après Bellepierre. Les poissons meurent, nous apprend cet article paru dans le "JIR" de jeudi.

Cela met en évidence un système d’adduction d’eau potable qui n’est plus adapté au changement climatique. Les périodes de sécheresse seront plus fréquentes, c’est un des enseignements du dernier rapport du GIEC. Cela veut dire qu’à ce rythme, le bas de la rivière Saint-Denis restera souvent à sec. Il n’y aura plus rien, car toute l’eau sera pompée pour les besoins humains.

Pour éviter une telle catastrophe, un autre système doit être trouvé. Si la sécheresse continue, seule la commune du Port sera épargnée. Elle est pourtant la ville où il pleut le moins, mais son réseau d’alimentation en eau potable tient compte des contraintes de la sécheresse, et dès sa conception il était adapté à une ville de 50.000 habitants.

Ceci rappelle que ces poissons morts ne sont pas une fatalité. Ils paient de leur vie l’inaction de responsables politiques face au changement climatique.

Quant à la population du Port, elle est protégée de la crue de la rivière des Galets et des effets de la sécheresse grâce à l’anticipation de ses dirigeants depuis 1971, date de l’élection de Paul Vergès à la Mairie du Port.

J.B.


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