Edito

Les présidentiables et l’Outre-mer

J.B. / 28 mars 2012

Le 10 mai, le Président de la République sera désigné. Il aura 5 années pour redresser la situation dans laquelle se trouve la France et les pays d’Outre mer. Il pourra rempiler 5 années de plus s’il le souhaite. Cela veut dire que dans un mois et demi, notre destin sera dans la main du personnage jusqu’à 2017, voire 2022.

L’actuel locataire de l’Elysée a fait voter 2 plans d’austérité afin de réaliser 100 milliards d’économies sur une durée qui s’étale jusqu’en 2016, dernière année de la mandature. Il escomptait récupérer des recettes sur la base d’une économie où la croissance voisinait 0,5% en 2012. Or, nous apprenons que la réalité sera autour de 0,2%. La France frôle la récession économique. Si, rien ne change, il faudra voter une nouvelle modification budgétaire pour trouver des recettes supplémentaires ou pour diminuer les dépenses publiques.

On n’a pas fini de se serrer la ceinture.

C’est dans ce contexte qu’en Guadeloupe, le LKP vient de lancer un mot d’ordre de grève générale. Les revendications portent sur la cherté de la vie et l’augmentation des salaires de base. C’est un thème très vivant à Mayotte et ici même, à La Réunion. Le gouvernement sait que le LKP est un interlocuteur coriace. Il peut tenir un mois, tout comme à Mayotte. Le spectre de 2009 est toujours vivant. A cette époque, le gouvernement avait encore quelques marges de manœuvres qui ont servi à occulter les problèmes de fond. Cela a entraîné des mécontentements. En tout cas, il n’y a eu aucun changement car les manifestations sociales ont repris un peu partout.

Les pays d’Outre-mer bouleversent toute la programmation de la fin de campagne électorale. Ce sont les candidats eux-mêmes qui ont fixé le calendrier. Ils ont décidé de s’offrir une escapade à La Réunion, porte d’entrée du plus gros réservoir de voix en Outre-mer. L’initiative de la Guadeloupe pourrait faire tache d’huile et être reprise dans plusieurs endroits simultanément. Ce qui permettra aux candidats de toucher un peu mieux les réalités de nos peuples.

La Réunion : 30% de chômage ; 50% de la population vivant sous le seuil de pauvreté nationale ; 25.000 demandes de logements en souffrance ; plus de suicides que de morts sur nos routes ; la vie chère ; des revenus insuffisants, etc. la tendance des candidats parisiens, c’est d’assimiler notre situation sociale à celle de la France qui est 3 fois moins grave. De là naissent des discours et des attitudes totalement décalés.

Par exemple, quand la fédération du PS organise la prise de la Région par l’UMP, aucune sanction n’est prise à Paris. Mieux, une promotion est faite à la tête de liste PS pour qu’il devienne sénateur. Il y a bien une sous-estimation de la gravité de nos situations spécifiques. On pense qu’on a du temps. Les manœuvres dérisoires qui sont entreprises contre le PCR pour empêcher sa liberté d’action relèvent d’un manque de réalisme.

J.B.


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