Edito

Les Réunionnais ont droit au respect

J.B. / 1er août 2013

Le sénateur Paul Vergès a déclaré lors de son point presse de lundi dernier que Victorin Lurel était mécontent du traitement que lui réservent les médias réunionnais. Il s’est plein que des parlementaires de son propre camp le snobent. Ce n’était pas le cas de Thierry Robert, qu’il a rencontré en aparté et une nouvelle fois, avant hier, mardi. Lurel dénonça ce qu’il appelle une « attitude réunionnaise » négative à son égard. Manifestement très remonté, il lança aux parlementaires présents qu’il se rendra prochainement à La Réunion et qu’il règlera ce problème à la télévision, face à n’importe quel contradicteur. Pour le respect de la dignité réunionnaise, Paul Vergès lui a répondu qu’il pouvait lui répliquer sur chaque point, mais le temps était insuffisant. Cependant, quand il sera à La Réunion, il sera son contradicteur et répondra par des faits, et tous les Réunionnais en seront juges.

Dans le même registre, le sénateur a annoncé qu’il ne suivra pas le Commissaire européen à l’Agriculture, Dacian Ciolos dans son déplacement, car celui-ci n’a pas daigné rencontrer les parlementaires réunionnais. Paul Vergès a considéré cela comme une désinvolture vis-à-vis de la représentation politique réunionnaise.

Ces faits viennent nous rappeler que l’Histoire réunionnaise porte les stigmates de la négation d’humanité faite aux esclaves puis aux colonisés par les Européens. La dignité prend ici un sens tout particulier.

On se rappelle que lors d’un déjeuner, officiel, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait demandé à Paul Vergès de prendre la parole. Alors qu’il n’avait pas terminé son discours, Paul Vergès se voit contraint d’arrêter devant l’impatience de Sarkozy qui tapotait sur sa table pour l’interrompre. Paul Vergès s’en est allé. Il est revenu à la table sur excuse du chef du gouvernement, non sans avoir rappelé au ministre Sarkozy qu’il doit le respect aux Réunionnais.

On se rappelle également qu’en 2005, Paul Vergès a demandé à voter NON au référendum constitutionnel européen alors que certaines hautes personnalités de l’île l’exhortaient au contraire, à ne pas « donner un coup de pied dans le bol manger européen » !

À travers ces quelques exemples, nous voyons que pour Paul Vergès la dignité des Réunionnais n’est pas négociable, que se soit ici ou dans un salon parisien. Les responsables politiques parisiens le savent bien. À plus forte raison, si c’est un ministre du pays colonisateur. C’est tout le sens de son combat et de celui des militants du PCR depuis 1959.

J.B.


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