Edito

Les trois jours décisifs qui projettent le PCR à l’ère de la responsabilité

J.B. / 5 juillet 2013

Aujourd’hui s’ouvre le 8e Congrès du PCR. C’est une victoire indéniable à l’actif des reconstructeurs. Dire que tout le monde était pour, dès le départ, ce serait mentir devant l’histoire. Au final, ce qui a été déterminant, c’est que, chemin faisant, les objectifs fondateurs du PCR, en 1959, sont apparus plus clairs et réalisables à brève échéance. Les résolutions du Congrès fixeront le cap et une équipe aura la charge de préparer l’inévitable rupture.

Il y a 54 ans, la population vivait majoritairement dans la misère et le dénuement matériel. Cependant, il n’y avait pas de chômage. Les secteurs primaires et secondaires fournissaient 90% de l’emploi. La balance commerciale était à peine déficitaire. Pour l’essentiel, l’économie était dans les mains des Réunionnais. La loi du 19 mars 1946, qui prévoyait l’alignement de la législation sociale, n’était toujours pas appliquée. La lutte a obligé le gouvernement à reculer, pendant que la population prenait conscience de son identité.

En un demi-siècle, tout a été bouleversé. D’importants investissements ont eu lieu et la population vit dans un confort matériel digne d’une société occidentale. Cependant, le secteur tertiaire fournit maintenant près de 92% des emplois. Les secteurs primaire et secondaire ne dépassent pas 10%, à eux deux. Seulement 44% de la population travaille. Le chômage et la précarité sont apparus et touchent 165.000 personnes. L’illettrisme, un phénomène typiquement post-colonial, concerne 130.000 adultes.

De nouvelles générations, avec de nouveaux besoins, sonnent à la porte. Il n’y a personne à l’accueil. Une explosion sociale n’est pas à exclure. Devant la complexité de la situation, les solutions traditionnelles sont devenues inopérantes. Il n’y a pas de place pour la diversion et la démagogie. Et, il faut, une bonne fois pour toutes, en finir avec le mensonge qui entretient l’ignorance et les illusions. Dire la vérité est un acte de responsabilité.

C’est dans ce contexte assez particulier que se tient le 8e Congrès. Beaucoup d’efforts ont été consentis par les responsables du PCR pour imaginer la meilleure voie possible de sortie de crise. Les observateurs se posent beaucoup de questions sur l’avenir du PCR et de ses dirigeants historiques. Ils auront 3 jours pour se rendre compte du contenu des débats et de ses résultats.

J.B.


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