Edito

Les vœux présidentiels condamnent le projet de route en mer

J.B. / 2 janvier 2015

Dans ses vœux, le président de la République a fortement insisté sur l’importance de la conférence de Paris sur le Climat. C’est manifestement l’événement de l’année pour François Hollande. Il est allé même jusqu’à comparer Paris Climat 2015 à une autre conférence tenue à Paris 70 ans plus tôt, celle qui a donné naissance à la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Après « la France pays des droits de l’homme », c’est le mot d’ordre de « la France pays de la protection de l’environnement ». François Hollande a aussi salué l’exemple donné par la loi sur la transition énergétique.
Le chef de l’État appelle donc à se rassembler autour ce thème.

Ce message confirme donc bien qu’au cours des mois qui viennent, Paris va tout faire pour se donner la meilleure image dans le domaine de la protection de l’environnement. Le gouvernement se permet même d’annoncer une nouvelle taxe sur le diesel parce que ce carburant est plus polluant que les autres. Il prend donc le risque de l’impopularité d’une mesure pour servir la cause de la protection de l’environnement : les recettes seront destinées à financer en particulier des projets de transport collectif.

Pour les partisans de la route en mer, ces vœux sont ceux du désaveu. Ce projet est clairement à contre-courant du message essentiel véhiculé par le président de la République. Plus grave encore, des camionneurs peu scrupuleux ont déjà fait des dégâts à l’environnement en ponctionnant illégalement des tonnes de matériaux dans des zones protégées. Le fruit de ce crime contre l’environnement a été ensuite utilisé dans un projet de la Région. À ce jour, les braconniers n’ont toujours pas été condamnés, tandis que la Région n’a toujours pas agi pour remettre les matériaux à leur place. L’urgence commande donc à la puissance publique de faire réparer au plus vite les dégâts des braconniers par la restitution des galets illégalement extraits.

Ensuite, chacun comprend aisément que la France va multiplier les initiatives pour être la championne du monde de la protection de l’environnement. La nouvelle route en mer n’est pas un facteur de diminution du gaz polluant, le CO2. Comment alors le gouvernement pourra-t-il encore cautionner une aide à un projet inutile sur le plan de l’aménagement, destructeur pour l’environnement et largement dénoncé par la population ?


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