Edito

Michel Vergoz contre le programme du président de la République

J.B. / 9 mai 2012

Lors d’une conférence de presse avant le premier tour de l’élection présidentielle, le Parti Communiste Réunionnais avait rappelé l’opposition des représentants officiels de François Hollande au projet de développement de La Réunion.
Cette stratégie s’est concrétisée en mars 2010 dans la tactique de la Fédération socialiste aux régionales : se maintenir au second tour sans espoir de gagner, ce qui ne pouvait que faire perdre l’Alliance et offrir la direction de la Région Réunion à l’UMP. Les responsables de ce choix savaient pertinemment que Didier Robert allait tout faire pour démolir les grands projets, stopper le chantier du tram-train et casser le développement de l’autonomie énergétique. Le jour de l’investiture du dirigeant UMP, Michel Vergoz, tête de liste socialiste, avait même pris la parole pour féliciter Didier Robert.

Viennent alors les Primaires citoyennes, et la décision du PCR d’y participer sur la base de l’engagement de François Hollande à un nouveau dialogue entre La Réunion et Paris. La plupart des dirigeants de la Fédération socialiste décident de faire campagne pour un autre candidat, mais c’est François Hollande, soutenu par le PCR, qui gagne la Primaire citoyenne.
Lors de la campagne présidentielle, le futur président de la République a précisé son engagement. Il a répondu favorablement par écrit aux propositions du PCR, et il est venu à La Réunion faire les précisions nécessaires. À Saint-Louis, devant les dirigeants de la Fédération départementale du Parti socialiste français, François Hollande a dit qu’il soutient le tram-train, l’autonomie énergétique et d’autres projets essentiels. Pour ceux qui n’étaient pas à Saint-Louis ce 1er avril, le PCR met à leur disposition l’enregistrement vidéo de ce discours sur sa chaine Youtube : www.youtube.com/pcreunion. Cet accord entre un candidat et le PCR est devenu ce jour-là le contrat entre le futur président de la République et la population.

Durant cette campagne, tandis que le PCR créait les conditions pour que François Hollande dépasse la barre des 70% dans notre île, subsistait toujours la question de l’attitude de la Fédération socialiste envers les engagements du futur Président de la République. Ses dirigeants vont-ils soutenir des projets contre lesquels ils se sont opposés ?
Il n’a pas fallu attendre 48 heures pour que Michel Vergoz donne une réponse. Dans un article paru hier dans "le Quotidien", il réaffirme son opposition au tram-train sur des critères financiers, oubliant de dire au journaliste que le projet de tram-train a reçu le prix international du Défi relevé pour sa maîtrise des coûts et pour son respect des délais. De plus, Michel Vergoz ne veut pas que soit remis en cause l’accord signé entre Didier Robert et François Fillon pour détourner les fonds du tram-train vers la route. Cet accord UMP est « colonne vertébrale » d’un réseau de bus, dit en substance celui qui soutient également la route du littoral version Didier Robert.
48 heures après l’élection de François Hollande, la parole du président de la République est déjà remise en cause par un responsable de la Fédération socialiste. Il est donc clair que pour que les engagements de François Hollande soient respectés, la seule solution est d’élire des députés du Parti communiste réunionnais. Car au PCR, le respect de la parole donnée est une valeur fondamentale.

J.B.


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