Edito

Ministre aussi inutile que son voyage

J.B. / 28 juillet 2011

Benoist Apparu est parti, 2 jours après son arrivée. Rarement un ministre n’a cristallisé sur lui un tel mécontentement.

En effet, sa fonction dans le gouvernement est de s’occuper à solutionner la demande de logement de la population. Dans le seul département de La Réunion, il y a près de 30.000 demandes en souffrance. Cela concerne, en fait, 30.000 familles. Le sujet est très sensible, car le nombre de logements sociaux produits dépasse à peine le millier d’unités là où il aurait fallu au moins 6 fois plus.

Or, le logement relève de la compétence de l’État. Cela est si vrai qu’une loi a même été votée par les parlementaires, il s’agit du DALO. Le Droit au logement opposable permet désormais à un demandeur de logement de se retourner contre l’État, si sa demande traîne anormalement en longueur. Mais, pour répondre correctement à ce Droit des citoyens, le gouvernement issu des élections doit créer toutes les conditions pour que l’État ne soit jamais pris en défaut.

Le cas de La Réunion est éclairant.

Au 1er janvier 2012, la loi s’applique de plein droit. Le gouvernement avait presque 5 ans, jusqu’au 31 décembre 2011, pour se conformer aux décisions de la représentation politique nationale. Il ne peut pas dire qu’il n’avait pas du temps. C’est-à-dire qu’il devait construire suffisamment de logements pour répondre aux recours des citoyens. Au premier jour de la visite d’Apparu, notre journal a même rappelé les propos de Sarkozy sur la nécessité d’un Droit au logement opposable à l’État.

Non seulement il n’a pas répondu aux attentes du Droit et à la demande massive de logements, mais il s’est permis de jeter les responsabilités sur les Réunionnais, laissant entendre qu’il faut arrêter de pleurer et réclamer toujours plus d’argent. Cet argument est systématiquement jeté dans le public pour traiter les Réunionnais d’assistés. Sur ce point, il n’y a pas de différence entre tous les ministres de passage.

Le pire est atteint avec la mentalité coloniale qui guide tous ces voyageurs d’exception : ils colonisent les médias publics à leurs seuls profits ; Benoist Apparu fait une annonce sur l’Eco-Cité au mépris total de la collectivité qui a porté le projet. Là, encore, le ministre ne respecte pas le Droit qui précise qu’il n’y a pas de tutelle d’une institution sur l’autre.

Au final, Benoist Apparu est un beau spécimen de ministre aussi inutile que son voyage. Pas besoin de chercher plus loin les raisons du mécontentement qu’il a soulevé.

J.B.


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