Edito

Ministre de circonstance. Militant UMP, toujours !

J.B. / 26 juillet 2011

Hier, nous évoquions la saison des balades ministérielles sous nos tropiques en écrivant qu’il s’agit d’une espèce reconnaissable à leur propension d’étaler leur omniscience sous les yeux ébahis de certains médias. Quelle soupe allait-il encore nous servir, M. Apparu ?

Dès sa première réunion de travail à la Préfecture, il exclut les syndicats du BTP. Pour les Sarkozistes, « travailleur » est un mot qui leur donne de l’urticaire, à supprimer du dictionnaire UMP. En fait, face aux syndicats, il n’aurait pas tenu longtemps dans sa démagogie. Alors, mieux vaut passer pour un ultra, le temps que sèche le vernis du voyage qui masque le militant UMP en mission électorale.

À Sainte-Marie, il pérore sur la mixité sociale. En substance, il déclare qu’« il ne faut pas mettre tous les pauvres ensembles ou tous les riches ensembles, parce que cela constitue des ghettos ». Le ministre omniscient ignore qu’à La Réunion, la mixité sociale n’est pas une nouveauté, notamment au Port. Il est vrai qu’au Tampon, son ami Didier Robert a préféré entraîner la commune à payer des amendes au lieu de réaliser des opérations sociales prévues par la loi SRU. Le prétexte avoué, c’est que les logements sociaux sont source de mauvaise vie. On devrait traîner ces maires en justice pour « apartheid social ».

À Sainte-Marie, commune sous direction d’un maire UMP, des sujets passionnent les citoyens. Par exemple, quelle superficie de terrain le maire a-t-il déclassé en faveur des promoteurs immobiliers ? Quel est le montant de la plus value engrangée ? Pourquoi les demandeurs de logements devraient payer la spéculation, en sus du coût réel de construction ?

Tout cela ne l’intéresse pas. Dans quelques heures, il sera parti. Et, les Réunionnais resteront avec leurs problèmes. C’est comme ça les ballades ministérielles. C’est un rituel. Mais, il aura pu rencontrer ses amis UMP qui sont le principal objet de sa mission réelle. À quelques semaines des Sénatoriales et à 7 mois des Présidentielles, un ministre UMP ne peut pas perdre son temps à traiter les problèmes des pauvres. Il y a plus urgent : l’avenir de l’UMP et de ses candidats.

Pour cela, le programme rendu public laisse suffisamment d’espace vide pour deviner les rendez-vous qui s’y cachent. Il se moque du gaspillage d’argent public en pleine période d’austérité… pour les plus pauvres. Pour les riches et leurs ministres de circonstances, c’est un militant en mission.

J.B.


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