Edito

Mme Lagarde dirige-t-elle la France ?

J.B. / 12 octobre 2012

Deux Français dirigent actuellement les 2 plus importantes institutions de l’économie mondiale l’OMC et le FMI. Il s’agit de Pascal Lamy, depuis une dizaine d’années, et Christine Lagarde qui a remplacé DSK. Sans les déboires de ce dernier, ces postes éminents étaient occupés par deux adhérents au Parti socialiste français. Cela aide à comprendre certaines options politiques fondamentales du PS. Mais, lorsque le FMI déclare que la France ne pourra pas respecter ses engagements et qu’il invite ses dirigeants, élus par le peuple, à revoir ses fondamentaux économiques, il y a une certaine cacophonie.
Le gouvernement et les Socialistes ne peuvent pas rester sans réaction, car le peuple a besoin de connaître la vérité. Pour leur part, les 7 députés Réunionnais, membres de la majorité, ne peuvent pas rester silencieux, car ils vont voter un budget qui engage les citoyens, mais qui ne serait pas sincère ! C’est grave ! Le débat devra être purgé avant le vote, car le peuple encaisse des informations sans pouvoir contrôler ses représentant-e-s. Si prompts à réagir à tout de champs, espérons qu’ils consacreront un peu de temps pour expliquer aux Réunionnais leur vote et respecter la démocratie.

Par exemple, le FMI déclare que la croissance du PIB cette année serait de 0,1% au lieu de 0,3. L’écart de calcul est de taille. Pour l’année prochaine, le chiffre serait seulement de moitié (0,4% au lieu de 0,8 prévu). D’autres chiffres sont jetés en pâture à l’opinion sans que l’on puisse examiner les conséquences concrètes. C’est pour cela, d’entrée de jeu, nous avons voulu souligner l’importance, et surtout la crédibilité, accordée à ces institutions par les responsables politiques Français, eux-mêmes. Ce qui, en retour, donnerait assez de crédit aux déclarations actuelles du FMI.
Or, Mme Lagarde était, elle-même, ministre des Finances de la France quand il fut lancé le premier plan d’austérité de 100 milliards étalé jusqu’en 2013 auquel s’opposa l’opposition parlementaire. D’autres plans, plus sévères, ont été pris par les gouvernements suivants. Aujourd’hui, elle prône la reconquête du marché intérieur par la compétitivité au moment où la croissance de l’économie mondiale s’écroule ; ce qui pose de sérieux problèmes aux dirigeants de pays émergents qui ne pourront plus disposer de ces marchés-là alors qu’on leur a fait miroiter les bienfaits de l’ouverture de leurs propres marchés intérieurs aux intérêts des pays riches ! Qui peut croire que les pays émergents vont se laisser plumer sans réagir ?
Voilà une raison supplémentaire pour que les Réunionnais discutent entre Réunionnais de l’avenir de La Réunion dans le cadre d’une Conférence qui n’élude aucun sujet.

 J.B. 


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