Edito

Mort au racisme !

LB / 11 juin 2010

Nos deux confrères quotidiens ont rapporté avant-hier les propos scandaleux tenus la veille au Tribunal correctionnel de Saint-Denis par un professeur de Lettres, accusé d’agression sexuelle contre une jeune fille dans une rue de Saint-Paul en 2007. En effet, pour tenter de justifier son geste, l’accusé a déclaré en salle d’audience : « Je suis blanc et, de toute façon, ici c’est des nègres et toutes des putes, et c’est comme cela qu’il faut faire ».
Finalement, l’enseignant, récemment arrivé de France, a seulement été condamné pour son geste à 5 mois de prison avec sursis, avec obligation de soins et à une amende de 1.000 euros. Mais il n’a été ni condamné ni même poursuivi par la Justice pour les propos racistes ignobles lancés en plein tribunal.

Avec 24 heures de retard (dont nous prions nos lecteurs de nous excuser), “Témoignages” se demande comment un événement aussi grave peut se produire dans la République et quelles sont les raisons d’une telle injustice. Pourquoi dans un État soi-disant démocratique, peut-on prononcer un discours raciste devant des magistrats en toute impunité ?
S’agit-il uniquement d’une solidarité corporatiste entre fonctionnaires ou d’autre chose ? En tout cas, il est inacceptable que l’institution judiciaire ne sanctionne pas l’expression du racisme, interdite par la loi, ou alors on risque d’institutionnaliser le racisme si de tels faits se reproduisent.

À ce sujet, il faut tout de même se rappeler que le racisme était institutionnalisé à l’époque de l’esclavage, de l’engagisme et de la colonisation mais que tous les jours nous constatons les séquelles et les survivances de ces systèmes aujourd’hui. Il suffit de voir les innombrables discriminations ethno-sociales, économiques, culturelles, médiatiques, judiciaires et politiques qui “cariatent” notre société chaque jour, avec bien des complicités.
C’est précisément pour combattre le racisme et renforcer la cohésion sociale dans notre pays afin de bâtir un développement durable que doit se réaliser un service public comme la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise. Voilà pourquoi, après la décision du petit dictateur de la Région de casser la MCUR, nous disons plus que jamais : mort au racisme !

L. B.


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