Edito

Nécessaire unité

Geoffroy Géraud-Legros / 23 octobre 2010

Face à la contestation, le gouvernement a sorti l’artillerie lourde pour imposer son projet de « réforme » des retraites. En septembre dernier, l’exécutif piétinait les droits de l’opposition et les prérogatives du Parlement, en donnant la consigne au président de l’Assemblée nationale de couper court aux débats. Récidive hier, en utilisant la procédure du vote bloqué devant le Sénat. Ces procédés, indignes d’une démocratie digne de ce nom, témoignent de la fuite en avant d’un pouvoir qui ne peut plus ignorer le refus que le peuple oppose à sa politique.

A six reprises pourtant, des millions de citoyens ont manifesté et cessé le travail pour dire leur refus d’une réforme qui se fait non seulement sans ceux, mais aussi contre eux. L’intransigeance et la brutalité du gouvernement ont abouti à une montée en puissance de la mobilisation, d’une intensité telle qu’elle pourrait faire reculer Nicolas Sarkozy. La population le sent : selon une enquête réalisée par BVA, le soutien au mouvement social est désormais très majoritaire. Les jeunes sont à l’avant-garde : dans cette catégorie, 73% des sondés y sont favorables.

Forts de cette détermination croissante, les syndicats ont lancé de nouveaux appels à la grève et à des manifestations sur l’ensemble du territoire le 28 octobre et le 6 novembre. A La Réunion, l’intersyndicale des enseignants du Secondaire a lancé un préavis de grève reconductible pour lundi. Le 28, les instituteurs rentreront dans le rond. Pourquoi rejoindre la lutte ? Parce que, répétons-le, les Réunionnais seraient plus perdants encore que leurs concitoyens de France continentale, si le dispositif prévu par le gouvernement venait à être appliqué. Premières cibles : les jeunes, dont près de la moitié seraient irrémédiablement condamnés par le report de l’âge de cotisations. Les femmes, bien plus touchées par la précarité, le travail à temps partiel, verraient encore s’aggraver les discriminations dont elles sont victimes. Plus largement, c’est l’ensemble de la société qui est visée : la dégradation de la retraite — prélude à sa privatisation — rendrait définitivement impossible l’intégration de tous ceux qui vont de petits emplois en contrats temporaires, sans possibilité d’emplois stables. Au fond, en attaquant le système d’aujourd’hui, fondé sur la transmission entre générations, le système attaque la solidarité, valeur fondamentale, s’il en est, de la société réunionnaise. Une valeur qui ne survivra qu’à travers l’unité de tous, travailleurs et chômeurs, jeunes et vieux, hommes et femmes, actifs et retraités, précaires et fonctionnaires.

G.G.-L.



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Messages






  • Oui G.G.-L. , plus que nécessaire en tout domaine, ici c’est "nout’ réunionunité" qu’il nous faudrait.

    Car cette réforme de la retraite est une décision politique que beaucoup se prête à croire qu’elle ne touche qu’au NON-TRAVAIL.

    Cette réforme de la retraite est une décision politique. Où sont tous ces partis politiques ?

    Cette décision politique touche le monde du travail, hormis les syndicats et quelques syndiqués.

    Où sont tous ces travailleurs qui pour ne pas perdre une journée ont perdu 2,5 ou 7 années pour pouvoir s’occuper d’eux ?

    Cette décision politique touche aussi le monde du non-travail ou des sans-emplois qui vont finir par toucher une peau de chagrin puisqu’ils n’ont pas côtisé.

    Si la Retraite est reculée, la Solidarité, elle, elle est acculée .

    Où sont tous ceux qui par leur absence et leur silence finissent par donner raison à ceux qui nous gouvernent ?

    Cette décision politique touche aussi le monde scolarisé sans lequel la solidarité entre les générations ne pourrait s’établir. Où est tout ce monde là ?

    Faut-il attendre que nous n’ayons plus rien pour commencer à comprendre qu’il nous faut réagir ?

    Oui G.G.-L. , cette Unité ou cette "réunionunité" est plus que nécessaire, elle est indispensable.

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