Edito

Non à la conspiration du silence sur la fin de la filière canne-sucre et sur les suspicions de corruption à la Région Réunion

J.B. / 27 août 2015

Vendredi dernier, Paul Vergès a fait éclater le scandale de la chape de plomb qui entoure l’avenir de la filière canne-sucre à La Réunion. Près d’une semaine après, les pouvoirs publics mis en cause, à Bruxelles, Paris et La Réunion sont restés de marbre, accréditant la thèse de la fin. L’inquiétude est à son comble chez les professionnels. Ce qui rend inconfortable la position des candidats qui devront dire comment ils comptent sauver 18.000 familles de travailleurs.

Cette semaine, mardi, Paul Vergès a demandé au Président de la Région Réunion de sortir de son silence sur les suspicions de corruption relatives au marché de la Nouvelle Route du Littoral. Il constate que tous les médias en parlent et même certains élus régionaux. Personne ne pourra plus étouffer le scandale et chaque jour qui passe augmente la pression.

De nombreux médias ont annoncé qu’une enquête a été ouverte par le parquet de La Réunion sur les conditions de passation du marché. Il semble que le Président de Région est au courant car il y a eu perquisition à la pyramide inversée. Sa défense consiste à dire qu’à ce stade de l’enquête il préfère attendre la fin de la procédure.

Cette position est contestée par Paul Vergès. En effet, le dossier a été transféré au Parquet de Paris. Cette procédure est assez rare et constitue à elle-seule une interrogation légitime de l’élu régional qu’il est. Il demande au Président de Région de se constituer partie civile afin de mieux connaître le contenu de l’enquête et protéger ainsi les intérêts de la Collectivité si nécessaire.

Apparemment cette chose la plus élémentaire hérisse les poils des ami(e)s du Président. Ces personnes qui agissent durant leur temps de travail font encore plus de tort à leur protégé. Des observateurs avisés verraient là une position défensive (et inutile) qui donne raison à Paul Vergès.

Dès lors, chaque jour qui passe augmente la pression sur l’échéance électorale de décembre. Une posture littéralement insoutenable.


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